‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 212 sur 361 · A RONSARD · texte numérisé non relu

A RONSARD

Ronsard, si ton vieil corps ressembloit ton esprit, Je seroy bien content d'avouer par esorit Qu'il sympathiseroit en mal avec le mien, Et qu'il seroit malade aussi bien que le tien. Mais lorsque ta vieillesse en comparaison ose Regarder ma jeunesse, en vain elle propose De se rendre pareille à mon jeune printemps ; Car en ton froid hyver rien de verd n'est dedans ; Il ne le reste rien qu'un esprit grand et haut, Lequel comme immortel jamais ne te défaut.

Or donc jjb te diray que bien -heureux serois Si de ton bon esprit un rayon je tirois.

Ou bien que sans t'oster rien du tien si exquis, Par estude et labeur un tel m'estoit acquis.

Ton esprit est, Ronsard, plus gaillard que le mien ; Mais mon corps est plus jeune et plus fort que le tien. Par ainsi je conclu qu'en sçavoir tu me passe D'autant que mon printemps tes cheveux gris efface.

1. A ces vers, publiés en 1578, Charles IX, et une autre pièce du se joignent l'Élégie sur le Livre roi accompagnée de la réponse de la chasse, composé par le roi de Ronsard.

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