‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 217 sur 361 · V. A. Chénier, p. 174. luy · texte numérisé non relu

V. A. Chénier, p. 174. luy

3. Non à cause qu'ils... (L.; 5. Pieux, mais sous la forme Pour et Pour ce que). piteux dans N.

D'habits pompeux de soye elabourez ^ à peine. Quand le prince n'auroit qu'un vestementde laine, Et qu'il retrancheroit par edictz redoutez Les fertiles moissons des ordes^ voluptez... [12]

Mais porter en son ame une humble modestie.

C'est à mon gré des rois la meilleure partie. Le prince guerroyant doit par tout foudroyer ; Celuy qui se maintient doit bien souvent ployer; L'un tient la rame au poing, l'autre espie à la hune ; En l'un est la prudence, en l'autre est la fortune. Tousjours l'humilité gaigne le cœur de tous ; Au contraire l'orgueil attize le courrous.

Ne vois-tu ces rochers, rempart de la marine ? Grondant contre leurs pieds, tousjours le flot les mine. Et d'un bruit escumeux à l'entour aboyant, Forcenant de courroux, en vagues tournoyant, Ne cesse de les battre, et d'obtinez murmures S'opposer à l'efTort de leurs plantes si dures, S'irritant de les voir ne céder à son eau.

Mais quand un mol sablon par un petit monceau Se couche entre les deux, il fléchit la rudesse De la mer, et l'invite, ainsi que son hostesse, A loger en son sein : alors le flot qui voit Que le bord luy fait place, en glissant se reçoit Au giron de la terre, appaise son courage, Et la lichant 3 se joue à l'entour du rivage.

La vigne lentement de ses tendres rameaux Grimpe, s'insinuant aux faistes des ormeaux, Et se plie à l'entour de l'estrangere escorce Par amour seulement, et non pas par la force; Puis mariez ensemble, et les deux n'estant qu'un. Font à l'herbe voisine un ombrage commun.

La peste des grans rois sont les langues flateuses, Esponges et corbeaux des terres souffreteuses ; Mais le mal le plus grand qu'un prince puisse avoir,

Page 1