Rend plus pesantes. Re-en- (Chev., III
POKSIES CH(JISIES DE RONSARD
« Tu seras fait du vulgaire la fable.
Tu bastiras sur l'incertain du sable, Et vainement tu peindras dans les cieux. t
Ainsi disait la nymphe qui m'affolle *, Lors que le ciel, témoin de sa parolle.
D'un dextre' éclair fut présage à mes yeux.
Je voudrois bien, richement jaunissant.
En pluye d*or goutte à goutte descendre Dans le giron de ma belle Cassandre, Lors qu'en, ses yeux le somme va glissant;
Puis je voudrois, en taureau blanchissant Me transformer, pour sur mon dos la prendre Quand elle va sur Therbe la plus tendre Seule, à Tescart, mille fleurs ravissant.
Je voudrois bien pour alléger ma peine, Estre un Narcisse, et elle une fontaine, Pour m'y plonger une nuict à séjour*,
Et voudrois bien que cette nuict encore Fust éternelle, et que jamais l'Aurore Pour m'éveiller ne r'allumast le jour.
Si mille œillets, si mille liz j'embrasse*, Entortillant mes bras tout à l'entour.
Plus fort qu'un cep qui d'un amoureux tour La branche aimée en mille plis enlasse ;
Si le soucy ne jaunit plus ma face, Si le plaisir fait en moy son séjour ; Si j'aime mieux les ombres que le jour, Songe divin, cela vient de ta grâce.
En te suivant je volerois aux cieux :
Mais ce portrait qui nage dans mes yeux
1. V. p, 2. Ici, rendre fou. F. et Bl.; Bart. Chr.). V. Son retr.,