Sur ces rimes v. 2* Egl, hautain
Ayant à vos François, après mille dangers, Enseigné les vertus des peuples estrangers... [34]
A LtY-MESME
A VOUS, race de rois, prince de tant de princes. Qui tenez dessous vous deux si grandes provinces *, Qui par toute l'Europe esclairez tout ainsi Qu'un beau soleil d'esté de fiâmes esclairci, Que Test ranger admire et le sujet honore, Et dont la majesté nostre siècle redore ;
A vous, qui avez tout, je ne sçaurois donner Présent, tant soit-il grand, qui vous puisse estrener I^a terre est presque vostre, et dans le ciel vous mettre (Je ne suis pas un dieu), je ne puis le promettre, C'est affaire au flateur ; je vous puis mon mestier Promettre seulement, de l'encre et du papier.
Je ne suis courtizan ny vendeur de fumées, Je n'ay d'ambition les veines allumées, Je ne sçaurois mentir, je ne puis embrasser Genoux, ny baiser mains, ny suivre, ny presser. Adorer, bonneter^, je suis trop fantastique 3; Mon humeur d'escolier, ma liberté rustique.
Me devroit excuser, si la simplicité Trouvoit aujourd'hui place entre la vanité.
C'est à vous, mon grand prince, à supporter ma faute Et me louer d'avoir l'ame superbe et haute.
Et l'esprit non servil, comme ayant de Henry, De Charles, de François, trente ans esté nourry
Un gentil* chevalier qui aime de nature A nourrir les harats, s'il treuve d'avanture