Armure de cheval. 2. Mûr
Qui des voyans estonne les courages ;
Ton ventre est plein d'artizans et d'ouvrages.
Ou Pallas tient ses deux mestiers ouvers.
Seconde Athene, honneur de l'univers,
Je te salue et celuy qui te guide,
Laschant, serrant, comme il te faut, la bride... [36]
Comme un pilote à son tillac assis, Craignant Tescueil, d'un sens froid et rassis Guide sa nef parmy les vagues perses ^ Bien qu'elle soit de cent pièces diverses.
De voiles, mast, de cordages divers ; L'un va tout droit, l'autre va de travers, Et toutefois l'advis d'un homme sage Tout seul par art conduit tout ce mesnage *, Tant par-sur tous on doit l'homme estimer Qui est prudent en terre et sur la mer.
Dont le souci bien modère et tempère Sous luy le peuple à la guise d'un père.
Non d'un tyran de fureur allumé, Craint d'un chacun et de personne aimé; Car en tous lieux la douce courtoisie Du peuple accort^ gaigne la fantaisie, L'ame, le cœur, le courage et la main.
La cruauté engendre le desdain.
Et le desdain la haine qui bouillonne D'une fureur fantastique et félonne.
Pource * un tyran ne vit jamais bien seur S; Le vrai bouclier d'un prince est la douceur.