‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 225 sur 361 · A LA ROYNE CATHERINE DE MEDIOS · texte numérisé non relu

A LA ROYNE CATHERINE DE MEDIOS

L'autre jour que j'estois, comme tousjours je suis, Solitaire et pensif (car forcer je ne puis Mon Saturne * ennemy), si loin je me promeine Que seul je ni'esgaray dessur les bords de Seine, Un peu dessous le Louvre, où les Bons-Hommes sont Enclos étroitement de la rive et du mont.

Là, comme hors de moy. j'accusois la fortune Qui ne me fust jamais que marastre importune ; Je blasmois ce destin qui m'avoit condemné Si malheureusement avant que d'estre né ; Je blasmois Apollon^ les Grâces, et la Musé, Et le sage mestier qui ma folie amuse ; Puis, pensant d'une part combien j'ay faict d'escris. Et voyant d'autre part vieillir mes cheveux gris, Après trente et sept ans, sans que la destinée Ne soit en ma faveur d'un seul poinct inclinée, Je hayssois ma vie, et confessois aussi Que l'antique vertu n'habitoit plus ici.

Je pleurois du Bellay *, qui estoit de mon âge. De mon art, de mes mœurs et de mon parentage, Lequel, après avoir d'une si docte vois Tant de fois rechanté les princes et les rois. Est mort pauvre, chetif, sans nulle recompense. Sinon d'un peu d'honneurs que luy garde la France.

Et lors, tout desdaigneux et tout remply d'esmoy, Regardant vers le ciel, je disois à part moy : « Quand nous aurions servi quelque roi de Scythie, Un roi Got ou Gelon, en la froide partie Où le large Danube est le plus englacé,

1, Mon astre. 2, Mort en 1560.

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Le sort qui rr/a C'.^-^ -vt ;.-. * .r ^i.v.A.* ^AiT.i"«. Je celebray Utz^rf h*, v** '; :--.r** ^litrriéWrS. Voire 2 en fa M de *.h\''.\ et eri tant de manières. Que les plus noKltti ptK^ix qui \ivent aujourd'huy Par l'encre ne sont pas tant célébrez que luy. Que me vaudroit icy ses louanges redire, Puis qu'en mille papiers un chacun les peut lirof

Apres je celebray en mille chants divers La royne son espouse •% honneur de runivrrs, Et fis de tous costez aux nations cstranj^pn * Par le vol de ma plume espandro «ns Iciiinnjîi»^.

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