A JEAN BRINON
Ceux que la Muse aimera mieux que moy (Comme un Daurat) d'un vers digne de toy Feront sçavoir aux nations lointaines De tes vertus les louanges hautaines.
Quant est de moy, je n'oseroy, Brinon, Sur mon espaule élever ton renom.
Pour engarder * que la mort ne l'enterre Il me suffit si l'honneur d'un seul verre.
Lequel tu m'as pour estraines donné.
Est dignement en mes vers blasonné ^.
O gentil verre ! oseroy-je bien dire Combien je t'aime et combien je t'admire?
Tu es heureux, et plus heureux celuy Qui t'inventa pour noyer nostre ennuy. . . [16]
Non, ce n'est moy qui blasme Promethée