‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 236 sur 361 · Rimes défectueuses ; veu Quich. Yersif. 357). Parmi les · texte numérisé non relu

Rimes défectueuses ; veu Quich. Yersif. 357). Parmi les

sonnait vu. C'est feu qu'il faut mots en eu rimant en u il j avait

prononcer /u, comme autrefois ; un choix à faire (Ace. Kim.).

c'était la pron. picarde (Burg. 2, Céleste (N.; L.; étj. de Cé-

Gr., I, 25; Génin, Var.; 171; leste).

Et fust-ce celle, horrible masse d'or^ Que le vieillard Gerynéan Nestor Boivoit d'un trait, et que nul de la bande N'eust sceu lever, tant sa pance estoit grande.

Premièrement, devant que les tirer Hors de la mine, il nous faut deschirer L'antique mère, et cent fois en une heure * Craindre le heurt d'une voûte mal-seure ; Puis, quand cet or, par fonte et par marteaux Laborieux, s'arrondist en vaisseaux.

Tout cizelé de fables poétiques Et buriné de médailles antiques, O Seigneur Dieu ! quel plaisir ou quel fruict Peut-il donner, sinon faire de nuict Couper la gorge à ceux qui le possèdent ?

Ou d'irriter 2, quand les pères décèdent, Les héritiers à cent mille procez ?

Ou bien à table après dix mille excez, Lors que le vin sans raison nous délaisse, Faire casser par sa grosseur espaisse Le chef de ceux qui, nagueres amis, Entre les pots deviennent ennemis.

Comme jadis après trop boire firent Les Lapithois, qui les monstres défirent, Demy-chevaux ? Mais toy, verre joly.

Loin de tout meurtre, en te voj^ant poly. Net, beau, luisant, tu es plus agréable Qu'un vaisseau d'or, lourd fardeau de la table. Si tu n'estois aux hommes si commun Comme tu es, par miracle un chacun T'estimeroit de plus grande value Qu'un diamant ou qu'une perle eslue.

C'est un plaisir que de voir renfrongné.

Un grand Cyclope à l'œuvre enbesongné, Qui te parfait de cendres de fougère

L Pron. hure, p. la rime. Ar- mots en eur^ et en ure rimaient chaïsme (L., hist. et étyin.) blâmé p:énéral. ensemble (Ace. Rim.). au xvp s. (Liv. Gr., 522). Les 2. Exciter, incitare (N.).

Et du seul vent de son haleine ouvrière.

Comme l'esprit enclos dans l'univers Engendre seul mille genres divers.

Et seul en tout mille espèces diverses.

Au ciel, en terre, et dans les ondes perses*. Ainsi le vent par qui tu es formé, De l'artizan en la bouche enfermé, Large, petit, creux ou grand te façonne.

Selon l'esprit et le feu qu'il te donne.

Que diray plus t Par espreuve je croy Que Bacchus fut jadis lavé dans toy.

Lors que sa mère, attainte de la foudre, En avorta plein de sang et de poudre, Et que dès lors quelque reste de feu ^ Te demeura : car quiconques a beu Un coup dans toy, tout le temps de sa vie Plus y re-boit, plus a de boire envie.

Et de Bacchus tousjours le feu cruel Ard 3 son gosier d'un chaud continuel.

Je te salue, heureux verre, propice Pour l'amitié et pour le sacrifice Quiconque soit l'héritier qui t'aura Quand je mourray, de longtemps ne voirra * Son vin ne gras ne * poussé dans sa tonne ; Et tous les ans il voirra sur l'automne Bacchus luy rire, et plus que ses voisins Dans son pressouer ^ gennera ^ de raisins ; . Car tu es seul le meilleur héritage Qui puisse au mien arriver en partage.

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