Naples. 4. jLucrèce; A. Chénier, p
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Et les astres au ciel luisent mieux que devant.
O grand pasteur Carlin, ornement de nostre âge, Haste-toi d'aller voir ton fertile héritage.
Environne tes champs et compte tes taureaux.
Et reçois désormais les vœux des pastoureaux.
Catherine ta mère, à ta main dextre assise, D'un voyage si beau conduira Tentreprise, Et te fera passer par tes villes, ainsi Que passe par le ciel un bel astre esclairci.
L'honneur et la vertu iront devant ta face; • Les fleuves, les rochers, les bois, te feront place, Et le peuple, joyeux, en chantant, sèmera Tous les chemins de fleurs où ton pied passera ; Car tu es ce grand roy que tant de destinées Nous promettoient venir après longues années Pour gouverner la France et retourner aux cieux, Après cent ans passez, assis entre les dieux. . . [70]
MARGOT
Soleil, source de feu, haute merveille ronde, Soleil, Tame, l'esprit, l'œil, la beauté du monde, Tu as beau t'éveiller de bon matin, et choir Bien tard dedans la mer, tu ne sçaurois rien voir Plus grand que nostre France ; et toy, lune qui erres Maintenant dessur nous, maintenant sous les terres. En errant haut et bas tu ne vois rien si grand Que nos roys, dont le nom par le monde s'espand.
Il ne faut point vanter ceste vieille Arcadie, Ses roches, ses forests, encore qu'elle die Que ses pasteurs sont nais ^ avant que le croissant Fust au ciel, comme il est, de nuict apparoissant ; La France la surpasse en antres plus sauvages, En taiUis, en forests, en sources, en rivages. En rochers plus amis des dieux, qui sont contents De se monstrer à nous et nous voir en tout temps.
O bien-heureuse France, abondante et fertile !
1. Ou nai/Sj part. p. de naître, forme fréq. au xvr s. {L., hist.).
Si l'encens» si le basme i en tes champs ne distîle,
Si l'amone asien sur tes rives ne croisi^,
Si l'ambre sur les bords de ta mer n'apparoist.
Aussi le chaud extrême et la poignante glace
Ne corrompt point ton air ; et l'orgueilleuse race
Des tigres, des lions, si fièrement marchants,
Comme ils font autre part, ne gaste point tes champs.
Que dirons-nous d'Auvergne, en montaignes qui hausse Son front jusques au ciel, de Champagne et de Beaucef L'une riche en troupeaux, les deux autres en blé. Au vœu des laboureurs d'usure redoublé?
Que dirons-nous d'Anjou et des champs de Tourainef De Languedoc, Provence, où l'abondance pleine De sillon en sillon fertile se conduit.
Portant sa riche corne enceinte de beau fruit?. . [32]
Que dirons-nous encor de la maison de France?.., [9] VA fleurit la vertu, l'honneur et la bonté ; La douceur y est jointe avec la gravité, Le désir de louange et la peur d'infamie.
Et tout ce qui dépend de toute preud'homie.
Là les pères, vieillards en barbe et cheveux gris, Conduisent leurs enfants pour y estre nourris. Et pour mettre une bride à leur jeunesse folle : Car de toute vertu la France est une escolle.
Je te salue, heureuse et féconde maison.
Qui fleuris en tout temps sans perdre ta saison, Mère de tant de roys, de tant de riches villes Et de troupeaux paissant tant de plaines fertiles... [14]