FRE8NET
Paissez, douces brebis, paissez ceste herbe tendre. Ne pardonnez aux fleurs : vous n'en sçauriez tant prendre Par l'espace d'un jour qu'en peu d'heures la nuit Humide de rosée autant en ait produit.
De là vous deviendrez plus grasses et plus belles. L'abondance du laict enflera vos mamelles, Et suffirez assez pour nourrir vos aigneaux Et pour faire en tout temps des fromages nouveaux.
Et toy, mon chien Harpaut, seure et fidelle garde De mon troupeau camus, levé l'œil et pren garde Que je ne sois pillé par les loups d'aleniour. Cependant qu'en ce bois je me plaindray d'amour... [14]
FRESNET chante :
C'est grand cas que d'aimer ! une amoureuse playe
Ne se guarist jamais pour chose qu'on essaye;
Plus on la veut guarir et plus le souvenir
La fait tousjours plus vive en nos cœurs devenir.
J'ay beau me promener au travers d'un bocage, J'ay beau paistre mes bœufs le long d'un beau rivage, J'ay beau voir le printemps, ame des arbrisseaux, Ouïr les rossignols, gazouiller les ruisseaux. Et voir entre les fleurs pir les herbes menues Sauter les aignelets sous leurs mères cornues, Voir les boucs se choquer, et tout le long du jour Voir les béliers jaloux se battre pour l'amour ;
Ce plaisir, toutefois, non plus ne me contente