‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 258 sur 361 · Une guirlande*. (N · texte numérisé non relu

Une guirlande*. (N

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ÉGLOGL'ES. 257

Sa bouche de ton ris et de ta douce hàkioe

Et de tes doux baisers, qui passent en odeor

Des prés les mieux flearis la plos sooare fleor !

Heureux qui dans ses bras pressera tonte noe

Toy, Claudine aux beaux yeux, du sang desdîenx renne;

Qui hardi tastera tes testîns rerdelets i

Qui semblent deux boutons encore nourelets ^ !

Heureux qui près la tienne allongera sa hancbe.

Qui baisera ton front et ta belle main blanche.

Et qui demeslera fil à fil tes cbereux !

Follastrant toute nuict et faisant mille jeox.

Il priera que la nuit dure cent noits encore.

Ou bien que de cent jours ne s'éfreille I aurore.

Afin que paresseux long temps poisse couver

Ses amours en ton sein et point ne se lever

Mais le soir est venu, et Vesper, la fouriere' Des ombres, a desja respandu sa lumière ; Il faut s'aller coucher. Quoi ! tu trembles du corur. Ainsi qu'un petit fan qui tremble tout de peur. Quand il a veu le loup, ou quand, loin de sa mère. Il s'efTroye du bruit d'une feuille légère, 11 ne sera cruel, car une cruauté Ne sçauroit demeurer avec telle beauté.

Demain, après avoir son amitié cognue.

Tu voudrois mille fois que la nuict fust venue. Pour retourner encore aux amoureux combas.

Et pour te rendormir encore entre ses bras.

Sus, des-habille toy, et comme une pucelle Qui de bien loin sa mère à son secours appelle. N'appelle point la tienne, et vien pour te coucher Près du feu qui te doit tes larmes dessécher. Comme une tendre vigne à l'ormeau se marie Et de mainte embrassée * autour de lui se plie, Tout ainsi de bon bras en cent façons plié Embrasse le beau col de ton beau marié.

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