MASCARADES ET CARTELS
Et que mon feu n'embrase la marine.
La volupté, la jeunesse me suit ; L'oisiveté en pompe me conduit ; Je suis aveugle et ay si bonne veue ; Je suis enfant, et suis père des dieux, Foible et puissant, superbe et gracieux, Et sans viser je frappe à l'impourveue >.
L'homme est de plomb, de rocher et de bois.
Qui n'a senti les traits de mon carquois ; Seul je le fois et courtois et adestre* ; Les cœurs sans moi languissent refroidis, Je les rends chauds, animez et hardis.
Et bref je suis de toute chose maistre.
Qui ne me void au monde ne void rien ; Je suis du monde et le mal et le bien, Je suis le doux et l'amer tout ensemble.
Je n'ay patron ny exemple que moy.
Je suis mon tout, ma puissance et ma loy.
Et seulement à moi seul je ressemble.
-co-
STANCES
A CHANTER SUK LA LA'RE POUR L'ÂVANT-YENUE de la ROYNE D'ESPAGNG a BAYOïmE '.
Soleil, la vie et la force du monde, Grand œil de Dieu, soleil père du jour.
Monte à cheval et tire hojfs de l'onde Ton char, qui fait pour nous trop de séjour*; Haste ton cours, et en France accompagne L'autre beau jour qui reluit en Espagne.
Lune, ornement et l'honneur du silence,
1, A l'improviste*. de Médicis, qui venait voir Char'
2, Adroit*. les IX son frère.
3, Elisabeth, fille de Catherine 1. Qui tarde trop'.
Qui par le ciel erres en cent travaux, Retien la nuict et arreste la dance Des astres clairs conduits par tes chevaux ; Fay place au jour dont le bon-heur assemble Fils, mère et fille, et deux sceptres ensemble.
Il ne faut point qu'au jour de la venue Le soleil luise, un autre jour viendra.
Qui de l'Europe esclaircira la nue, Et tout le monde en lumière tiendra, Tant les vertus du fils et de la mère Et de la fille espandront de lumière.., [12]
Parmi les champs croissent les fleurs décloses. Car telle veue est digne du printemps ; Entre les lys, les œillets et les roses Elle doit estre, et non en autre temps :
Comme les fleurs croissent en nos provinces.
Ainsi croistra l'amitié de ces princes... [12]
Par les chemins où passeront les dames, Maistront les fleurs, et les ruisseaux prendront Le goust du miel ; les odeurs et les bâmes ^ Et les parfums par les champs s'espandront ; Dessous leurs pieds la campagne arrosée S'éjouira^ de manne et de rosée.
Le vent tiendra son haleine endormie, Vulcan es main n'aura point de marteaux; Tant seulement avec Flore s'amic Zephyre ira parmy les prez nouveaux; Tout sera plein de juye et d'allégresse A l'arriver d'une telle princesse... [12]
Chasse la nuit et vistement, Aurore, De l'Océan apporte dans ton sein Le jour heureux que par penser j'honore, Comme propice à tout le genre humain ; Puis vole au ciel, et d'une aile légère De ce beau jour sois aux dieux messagère... [6]