partie, jointes aux Poèmes, dans 1 épithalame et 33 élégies, plus
l'éd. de 1560. D'autres furent 12 élégies retranchées aux der-
ajoutées dans les éd. suiv. Quel- nières éd. par Ronsard,
ques-unes parurent séparément 2. Horace, Art poét,j 63.
ou avec d'autres pièces. Elles 3. Oulouagler, inquWnMS (N.).
De la tombe assoupit tous les sens de nature
Qui sont deubs ^ à la terre et à la pourriture.
Nous semblons* aux taureaux^ qui de coutres trenchans,
A col morne et fumeux vont labourant les champs,
Sillonnant par rayons une germeuse plaine,
Et toutesfois pour eux inutile est leur peine :
Ils ne mangent le bled qu'ils ont ensemencé.
Mais quelque vieille paille, ou du foin enroncé.
Le bélier, colonnel de sa laineuse troupe, L'eschine de toison pour les autres se houpe *, Car le drap, bien que sien, ne l'habille pourtant : L'homme ingrat envers luy au dos le va portant Sans luy en sçavoir gré. Ainsi nostre escriture Ne nous profite rien : c'est la race future Qui seuie en jouit toute, et qui juge à loisir Les ouvrages d'autruy, et s'en donne plaisir. Rendant comme il luy plaist nostre peine estimée. Quant à moy, j'aime mieux trente ans de renommée. Jouissant du soleil, que mille ans de renom Lors que la fosse creuse enfouira mon nom Et lors que notre forme en une autre se change. L'homme qui ne sent plus n'a besoin de louange.
Il est vrai que l'honneur est le plus grand de tous Les biens extérieurs qui sont propres à nous. Qui vivons et sentons : les morts n'en ont que faire. Toutes fois le bien faire est chose nécessaire. Qui profite aux vivans, et plaist aux lieriticrs.
Les fils de leurs ayeux racontent volontiers Les magnanimes faits : la louange illustrée D'un acte vertueux ne fut jamais frustrée De son digne loyer, soit futur ou présent.
Le ciel ne donne à l'homme un plus riche présent Que l'ardeur des vertus, les aimer et les suivre. Un renom excellent, bien mourir et bien vivre.
1. Das (L. hist., xvi* s.; sur le 2. Ressemblons*, rétablissement du b latin, Burg. 3. Se garnit de houppes (ex. de Gr., II, 11). Marot dans L.).
Desportes, qu'Aristote amuse tout le jour.
Qui honores ta Dure ^, et les champs qu'à l'entour Chartres voit de son mont, et pancbé les regarde. Je te donne ces vers, à fin de prendre garde De ne tuer ton corps, désireux d'acquérir Un renom journalier qui doit bientost mourir : Mais happe le présent d'un cœur plein d'allégresse. Ce-pendant que le prince, Amour et la jeunesse T'en donnent le loisir, sans croire au lendemain : Le futur est douteux, le présent est certain.
L'autre jour que j'estois assis auprès de vous^ Prisonnier de vos yeux si cruels et si dous, Dont Amour fit le trait qui me rend fantastique ^, Vous demandiez pourquoy j'estois mélancolique^ Et que toutes les fois que vous me verriez ainsi Vouliez sçavoir le mal qui causoit mon souci.
Or afin qu'une fois pour toutes je vous die La seule occasion de telle maladie, Lisez ces vers. Madame, et vous verrez comment, Et pourquoy je me deuls ^ d'amour incessament.
Quand je suis près de vous, en vous voyant si belle, Et vos cheveux frisez d'une crespe cautelle *, Qui vous servent d'un retli ^, où vous pourriez lier Seulement d'un filet un Scythe le plus fier.
Et voyant vostre front et vostre œil qui ressemble Un ciel bien allumé des estoiles ensemble, Et voyant vostre teint où les plus belles fleurs Perdroient le plus naïf de leurs vives couleurs, Et voyant vostre ris, et vostre belle bouche Qu'Amour tant seulement de ses deux lèvres touche,
1. Dure pour d'Eure, rivière Gr., 26; PaUg., 419 ; Burg. Gr., d'Eure. II, 112 et 115*).
2. Esclaye de mon imagina- 4. Par un artifice de frisure, tion*. artificiensement*.