‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 268 sur 361 · Pris*. 2. Je me lamente · texte numérisé non relu

Pris*. 2. Je me lamente

Seulement je me plains et lamente de quoy Mourant entre tes bras tu lamentes pour moy.

« Appaise ta douleur, maistresse, je te prie; Appaise-toy, mon cœur, appaise-toy, ma vie.

Si en mourant on doit sa dame supplier.

Par tes cheveux dorez qui me peurent lier.

Jeté prie et supplie, et par ta belle bouche, Et par ta belle main qui jusqu'au cœur me touche. Qu'encore après ma mort tu mevueilles* aimer, Et dedans mon tombeau ton amour enfermer... [12|

« Or, adieu, je m'en-vois 2 aux rives amoureuses,' Compagnon du troupeau des âmes bien-heureuses, Dessous la grand'forest des myrtes ombrageux. Que l'orage cruel ny les vents outrageux N'effuei lièrent jamais, où sans cesse souspire Par les vermeilles fleurs le gracieux Zephyre. Là, portant sur le chef des roses en tout temps. Et dedans mon giron les moissons du printemps, Couché sous le bocage à la fraischeur de l'ombre, J*iray pour augmenter des amoureux le nombre. »... [168]

(Genèvre acbèye le tableau de la mort de son mari ; elle peint à Ronsard son chagrin. A ce témoignage de constance, le poète a senti croître en lai Tamour quMl a ressenti pour Genèvre ; çt il Texhorte à ne pas abandonner sa jeunesse à un éternel désespoir.)

« Tu es encore jeune en la fleur de tes ans : Use donc de l'amour et de ses dons plaisans, Et ne souffre qu'en vain l'avril de ta jeunesse Au milieu de son cours se ride de vieillesse. Nos ans sans retourner s'en-volent comme un trait, £t ne nous laissent rien sinon que le regret Qui nous ronge le cœur de n'avoir osé prendre Les jeux et les plaisirs de la jeunesse tendre. >... [16J

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