‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 273 sur 361 · I. Plaisir, ébat, passe-temps 2. Prisse · texte numérisé non relu

I. Plaisir, ébat, passe-temps 2. Prisse

(N.; L.; R. de la R.; A. Cliartier, 3. Du verbe chaloir, impers, dans Palsg., 216 ; Pougcns). soucier ^N . ; L. ).

Jamais telle grandeur u'apporta que tristesses.

Querelles et débats. Il fabt aller de nuit.

Il faut craindre un mari ; toute chose leur nuit ;

Puis pour leur recompense ils ne reçoivent d'elles

Que le mesme plaisir des simples pastourelles.

Ils n'ont pas ny le sein ny le ventre meilleur,

Ny les cheveux plus beaux, ny plus belle couleur.

Ny quand on vient au poinct des grâces plus friandes.

Il n'est (ce dirent-ils) que d'aimer choses grandes. Que d'aimer en haut lieu. Au diable la grandeur « Qui tousjours s'accompagne et de crainte et de peur... [4] Bien ! une princesse a tousjours plus de pages, D'escuyers, de suyvants, de pompeux équipages. Hé de quoy sert cela? car quand on vient au poinct Du plaisir amoureux, certes il n'en faut point, Il f^ut se cacher d'eux : en cela l'abondance De trop de serviteurs porte grande nuisance ^ Ou quand on aime bas, jamais on est épris ^ (Pour estre seule à seul) de crainte d'estre pris ; Ou bien s'on 3 est surpris, ce n'est que moquerie Qui n'apporte jamais querelle ny furie.

Quant à moy bassement je veux tousjours aimer *, Comme cil ^ qui ne veult pour les dames s'armer Si l'on ne me fait tort : toute amour outragée Hostesse d'un bon cœur désire estre vengée.

Avant qu'estre amoureux, louer je ne pouvois, Pour estre un peu trop sot, la fureur de deux rois * Paris et Menelas, qui troublèrent l'Asie Et l'Europe en faveur d'une si belle amie.

Or Menelas fit bien de la redemander Par armes, et Paris par armes la garder; Car le tendre butin d'une si chère proye Valoit bien un combat de dix ans devant Troye. Je les absous du fait, je serai bien contant La demander dix ans et la garder autant.

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