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O dieux ! j'aimerois mieux, si j'estois roy d'Asie,
Que la guerre m'ostast mon sceptre que m'amie ; Car on vit aisément en ce mortel séjour Sans avoir un royaume et non pas sans amour ; Amour qui est la vie et des dieux et des hommes ! Que sert d'amonceler les thresors à grand's sommes, Estre prince, estre roy, sans avoir, toute nuict Une maistresse es bras pour prendre son deduict * f Ah ! le jour et la nuict viennent pleins de tristesse A celuy, fust-il roy, qui languit sans maistresse. Las ! si quelque voleur ou pirate de mer.
Faisant en ce païs ses galères ramer, M'avoit osté la mienne, ou bien quelque grand prince, Patience forcée il faudroit que je prinse », Et ne me chaudroit^ point de pleurer sur le bord, Faisant maugré moy place à si malheureux sort, Voyant flotter la voile et accusant fortune Qui me seroit (peut-estre) avec mille commune; Mais un parent me l'oste, ô fiere cruauté !
Jamais entre parents n'habita loyauté... [24] Mon Dieu ! que sert d'aimer es villes ces princesses 9