‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 277 sur 361 · Pron. Grès (Génln, Var., 44 : 6. Ni · texte numérisé non relu

Pron. Grès (Génln, Var., 44 : 6. Ni

D'un nœud si ferme à toy, à fin que des années A nos neveux futurs les courses retournées Ne cèlent que Belleau et Ronsard n'estoient qu'un, Et que tous deux avoient un mesme cœur commun.

Or, quant à mon ancestre, il a tiré sa race D'où fe glacé Danube est voisin de la Thrace. Plus bas que la Hongrie, en une froide part^, Est un seigneur nommé le marquis de Ronsart, Riche d'or et de gens, de villes et de terre. Un de ses fils puisnez, ardant de voir la guerre. Un camp d'autres puisnez assembla hazardeux.

Et quittant son pays, fait capitaine d'eux, Traversa la Hongrie et la basse Allemaigne, Traversa la Bourgogne et toute la Champaigne, Et soudard 2 vint servir Philippes de Valois, Qui pour lors avoit guerre encontre les Anglois.

Il s'employa si bien au service de France, Que le roy lui donna des biens à suffisance Sur les rives du Loir ; puis du tout 3 oubliant Frères, père et pays, François se mariant, Engendra les ayeux dont est sorty le père Par qui premier * je vy ceste belle lumière.

Mon père fust toujours en son vivant icy Maistre d'ostel du roy*, et le suivit aussy Tant qu'il fust prisonnier pour son père en Espagne : Faut-il pas qu'un servant son seigneur accompagne Fidèle à sa fortune, et qu'en adversité Luy soit autant loyal qu'en la félicité ?

Du costé maternel j'ai tiré mon lignage De ceux de la Trimouille et de ceux du Bouchage, Et de ceux de Rouaux et de ceux de Chaudriers Qui furent en leurs temps si vertueux guerriers, Que leur noble prouesse, au fait des armes belle, Reprint sur les Anglois les murs de la Rochelle, Où l'un fut si vaillant qu'encores aujourd'huy

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