‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 278 sur 361 · Tout à fait (N.; L.). 5. Henri U · texte numérisé non relu

Tout à fait (N.; L.). 5. Henri U

Une rue à son los ^ porte le nom de luy.

Mais s'il te plaist avoir autant de cognoissance (Comme de mes ayeux) du jour de ma naissance, Mon Belleau, sans mentir je diray vérité Et de l'an et du jour de ma nativité.

L'an que le roy François fut pris devant Pavie, Le jour d'un samedi, Dieu me presta la vie, L*onziesme de septembre 2, et presque je me vy Tout aussi tost que né de la Parque ravy.

Je ne fus le premier des enfants de mon père. Cinq avant moy longtemps en enfanta ma mère ; Deux sont morts au berceau, aux trois vivans en rien Semblable je ne suis ny de mœurs ny de bien.

Si tost que j'eu neuf ans, au collège on me m6ine. Je mis tant seulement un demy-an de peine D'apprendre les leçons du régent de Vailly, Puis sans rien profiter du collège sailly ', Je vins en Avignon, où la puissante armée Du roy François estoit fièrement animée Contre Charles d'Autriche ; et là je fus donné Page au duc d'Orléans; après je fus mené, Suivant le roy d'Escosse, en lescossoise terre, Où trente mois je fus, et six en Angleterre.

A mon retour ce duc pour page me reprint; Et guère à l'escurie en repos ne me tint Qu'il ne me renvoyast en Flandres et Zelande, Et encore en Escosse, où la tempeste grande Avecques Lassigni cuida* faire toucher.

Poussée aux bords anglois, ma nef contre un rocher.

Plus de trois jours entiers dura ceste tempeste. D'eau, de gresle et d'esclairs nous menaçant la teste. A la fin arrivez sans nul danger au port, La nef en cent morceaux se rompt contre le bord, Nous laissant sur la rade, et point n'y eut de perte Sinon elle qui fut des flots salez couverte,

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