‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 289 sur 361 · Horace, Odes, I, iv · texte numérisé non relu

Horace, Odes, I, iv

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(Fantastique d'esprit), et de voir les Sylvains Estre boucs par les pieds et hommes j>ar les mains, Et porter sur le front des cornes en la sorte Qu'un petit aignelet de quatre mois les porte.

J'allois après la dance et craintif je pressois Mes pas dedans le trac ^ des nymphes, et pensois Que pour mettre mon pied en leur trace poudreuse J'aurois incontinent l'ame plus généreuse ; Ainsi que TAscréan 2 qui gravement sonna Quand l'une des neuf Sœurs du laurier luy donna.

Or je ne fu trompé de ma jeune entreprise ; Car la gentille Euterpe, ayant ma dextre prise. Pour m'ostel 3 par neuf fois me lava De l'eau d'une fontaine où peu de monde va, Me charma par neuf fois, puis d'une bouche enflée (Ayant dessus mon chef son haleine souflée) Me hérissa le poil de crainte et de fureur, Et me remplit le cœur d'ingénieuse erreur *, En me disant ainsi : « Puis que tu veux nous suivre. Heureux après la mort nous te ferons revivre Par longue renommée, et ton los ennobli Accablé du tombeau n'ira point en oubli.

« Tu seras du vulgaire appelé frénétique, Insensé, furieux, farouche, fantastique, Maussade, mal-plaisant; car le peuple mesdit De celuy qui de mœurs aux siennes contredit.

« Mais courage, Ronsard, les plus doctes poètes, Les sibylles, devins, augures et prophètes, Huez, siflez, moquez des peuples ont esté ; • Et toutefois, Ronsard, ils disoient vérité.

« N'espère d'amasser de grands biens en ce monde. Une forest, un pré, une montagne, une onde Sera ton héritage, et seras plus heureux.

Que ceux qui vont cachant tant de trésors chez eux.»... [4]

Ainsi disoit la nymphe, et de là je vins estre

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