A PIERRE L'ESCOT
Puisque Dieu ne m'a fait pour 8uppi»rtcr les armes. Et pour mourir sanglant au milieu des alarmes En imitant les faits de mes premiers ayeux.
Si ne veux-je pourtant demeurer oeieux^ ; Ains *, comme je pourray, je veux laisser mémoire
L A ur.. prêter l'oreille, aMscM^ 2. Apaiseront (N.; L.). tarff (N.; Palsg., 579, 605: R. cle 3. Oisif, o//.)x//.«» (L.: Pouîrens). la R. dansRoquef.; Habel.). 4. Mais.
Que les Muses jadis m'ont acquis de la gloire. Afin que mon renom, des siècles non vaincu, Rechante à mes neveux qu'autrefois j'ay veseu Caressé d'Apollon et des Muses aimées, Que j'ay plus que ma vie en mon âge estimées. Pour elles à trente ans j'avois le chef grison^ Maigre, palle, défait, enclos en la prison D'une melancholique et rheumatique estude, Renfrongné, mal-courtois, sombre, pensif et rude, Afin qu'en me tuant je peusse recevoir Quelque peu de renom pour un peu de sçavoir.
Je fus souventes-fois i retansé de mon père Voyant que j'aimois trop les deux filles d'Homère ', Et les enfants de ceux qui doctement ont sceu Enfanter en papier ce qu'ils avoient conceu.
Et me disoit ainsi ; « Pauvre sot, tu t'amuses A courtiser en vain Apollon et les Muses !
Que te sçauroit donner ce beau chantre Apollon, Qu'une lyre, un archet, une corde, un fredon. Qui se respand au vent ainsi qu'une fumée.
Ou comme poudre en l'air vainemnnt consumée ? Que te sçauroient donner les Muses qui n'ont rien. Sinon autour du chef je ne sçay quel lien De myrte, de lierre, ou, d'une amorce vaine, T'allecher tout un jour au bord d'une fontaine. Ou dedans un vieil antre, à fin d'y reposer Ton cerveau mal-rassis, et béant ^ composer Des vers qui te feront, comme pleins de manie, Appeler un bon fol en toute compaignie?
« Laisse ce froid mestier qui ne pousse en avant Celuy qui par sus tous y est le plus sçavant ; Mais avec sa fureur qu'il appelle divine.
Tout sot se laisse errer accueilly * de famine. Homère, que tu tiens si souvent en tes mains, Que dans ton cerveau creux comme un dieu tu te peins,