‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 33 sur 361 · Kt pourtant* je. 2. Henri II · texte numérisé non relu

Kt pourtant* je. 2. Henri II

J'avois desja commencé de trasser Mainte elegie à la façon antique, Mainte belle ode, et mainte bucolique,

Car, à vray dire, encore mon esprit N'est satisfait de ceux qui ont escrit En nostre langue, et leur Muse mérite Ou du tout rien, ou faveur bien petite.

Non que je sois vanteur si glorieux D'oser passer les vers laborieux De tant d'amants qui se plaignent en France; Mais pour le moins j'avoy bien espérance Que, si mes vers ne marchoient les premiers, Ils ne seroient sans honneur les derniers... |8]

Que pleures-tu, Cassandre, ma douce ame ?

Encore Amour ne veut couper la trame Qu'en ta faveur je pendis au métier, Sans achever l'ouvrage tout entier.

Mon roy n'a pas d'une tigre * sauvage Succé le laict, et son jeune courage, Ou je me trompe, a senti quelquefois Le trait d'Amour, qui surmonte les roys... |tO]

(Après avoir chanté les combats, il reviendra donc à ses amoars et reprendra son luth. Ainsi Achille :)

Son luth doré prenoit entre ses mains.

Teintes encor de meurdres • inhumains, Et vis à vis du fils de Menetie Chantoit l'amour de Briséis s'amie ', Puis tout soudain les armes reprenoit Et plus vaillant au combat retournoit... |8)

J'alloy roulant ces larmes en mes yeux ^ Or' plein de doute, ore ^ plein d'espérance,

1. Fém. de tigre (L., hlst.) ; . 3. Élis., pour sa amie. V. M'a- Rons. a dit aussi tigresse (N.). mour.

2. Z>r éty m. est antérieur à tr 4. Virg., Georflf., IV,559 etsuiv, insolite (Br. Dict.). 5. Tantôt... tantôt*.

Lorsque H*^nry, loing des bornes de France, Vengeoit l'honneur de ses premiers ayeux;

Lorsqu'il trenchoit d'un bras victorieux.

Au bord du Rhin, l'espagnole vaillance, Ja * se traçant de l'aigu de sa lance Un beau sentier pour s'en aller aux cieux.

Vous, sainct troupeau qui dessus Pinde errez, Et qui de grâce ouvrez et desserrez Vos doctes eaux à ceux qui les vont boire.

Si quelquefois vous m'avez abreuvé.

Soit pour jamais ce souspir engravé Au plus sainct lieu du temple de Mémoire.

\. Déjà, mais souvenb explétif (Chev., III, 307; La Font, dans L.).

LIVRI SECOND'

AMOURS D£ MÂRIK

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