ELEGIE A CASSANDRE
Mon œil, mon cœur, ma Cassandre, ma vie.
Hé ! qu'à bon droit tu dois porter d'envie A ce grand roy * qui ne veut plus souffrir Qu'à mes chansons ton nom se vienne offrir.
C'est luy qui veut qu'en trompette j'eschange Mon luth, afin d'entonner sa louange.
Non de luy seul, mais de tous ses ayeux Qui sont là haut assis au rang des dieux.
Je le feray, puis qu'il me le commande.
Car d'un tel roy la puissance est si grande, Que tant s'en faut qu'on la puisse éviter.
Qu'un camp armé n'y pourroit résister.
Mais que me sert d'avoir tant leu Tibulle, Galius, Ovide, et Properce et Catulle, Avoir tant veu Pétrarque et tant noté.
Si par un roy le pouvoir m'est osté De les ensuivre, et s'il faut que ma lyre, Pendue au croc, ne m'ose plus rien dire?
Doncques en vain je me paissois d'espoir De faire un jour à la Tuscane voir Que nostre France, autant qu'elle, est heureuse A souspirer une plainte amoureuse.
Et, pour monstrer qu'on la peut surpasser,