Vers le bas'. dancc ; v. p
L'oncle hait son nepveu, le serviteur son majstre ; La femme ne veut plus son mary recognoistre ; Les enfans sans raison disputent de la foy Et tout à l'abandon va sans ordre et sans loy.
L'artisan par ce monstre a laissé sa boutique, Le pasteur ses brebis, l'advocat sa practique. Sa nef le marinier, son trafiq' ^ le marchant. Et par luy le preud'homme ^ est devenu meschant. L'escolier se desbauche, et de sa faulx tortue Le laboureur façonne une dague pointue ', Une pique guerrière il fait de son râteau.
Et l'acier de son contre il change en un couteau.
Morte est l'authorité; chacun vit à sa guise ; Au vice desreglé la licence est permise ; Le désir, l'avarice et l'erreur * insensé Ont c'en dessus dessous «"^ le monde renversé.
On a fait des lieux saints une horrible voirie. Un assassinement et une pillerie^ Si bien que Dieu n'est seur en sa propre maison ; Au ciel est revolée et Justice et Raison, Et en leur place, helas! règne le brigandage, La haine, la rancueur^, le sang et le carnage.
Tout va de pis en pis ; le sujet a brisé Le serment qu'il devoit à son roy mesprisé ; Mars, enflé de faux zèle et de fausse apparence, Ainsi qu'une furie agite nostre France, Qui, farouche à son prince, opiniastre suit L'erreur d'un estranger qui folle la conduit.
Tel voit- on le poulain, dont la bouche trop forte Par bois et par rochers son èscuyer emporte.
Et maugré l'esperon, la houssine et la main.
Se gourme ^ de sa bride et n'obéit au frein ;
1. Trafique par syncope : li- l'étym. (L., hist. étym.; Palsg., cence autorisée (Ace. Rira., Ron- 764 ; Chev., II, 182).
Bardt Abrégé de l'art poétiqite. 6. Rancune*.