Charge*. 7. De fer
(Dont les rois sont issus), les rois daignent hanter,
Elles les font marcher en toute révérence.
Loin de leur majesté bannissant l'ignorance ;
Et tous remplis de grâce et de divinité,
Les font parmy le peuple ordonner équité. . . [20)
Mais pour vous faire tel il faut de l'artifice Et dès jeunesse apprendre à combattre le vice.
Il faut premièrement apprendre à craindre Dieu, Dont vous estes l'image et porter au milieu De vostre cœur son nom et sa saincte parole, Comme le seul secours dont l'homme se console.
Après si vous voulez en terre prospérer; Vous devez vostre mère humblement honorer, La craindre et la servir, qui seulement de mère Ne vous sert pas icy, mais de garde et de père.
Après il faut tenir la loi de vos ayeux.
Qui furent rois en terre et sont là haut aux cieux'; Et garder que le peuple imprime en sa cervelle Le curieux discours d'une secte nouvelle.
Après il faut apprendre à bien imaginer.
Autrement la raison ne pourroit gouverner :
Car tout le mal qui vient à l'homme prend naissance Quand par sus < la raison le cuider ^ a puissance. Tout ainsi que le corps s'exerce en travaillant, Il faut que la raison s'exerce en bataillant Contre la monstrueuse et fausse fantaisie, De peur que vainement l'ame n'en soit saisie ; Car ce n'est pas le tout de sçavoir la vertu. Il faut cognoistre aussi le vice revestu D'un habit vertueux, qui d'autant pius ofifence Qu'il se monstre honorable et a belle apparence. De là vous apprendrez à vous cognoistre bien. Et en vous cognoissant vous ferez tousjours bien. Le vray commencement pour en vertus accroistre * C'est (disoit Apollon) soy-mesme se cognoistre. Celuy qui se cognoist est seul maistre de soy,