Méchamment (L,;J. Gl.). rem.; Pal8g
De vouloir pardonner doucement à ma faute.
Au reste je ne suis ny mutin ny meschant.
Qui fay croire ma loy par le glaive trench ant.
Voilà comme je vy ; si ta vie est meilleure,
Je n'en suis envieux, et soit à la bonne heure >... 1116]
Tu dis que j'ay gagé ' ma Muse pour flatter ? Nul prince ny seigneur ne se sçauroit vanter (Dont je suis bien marry) de m'avoir donné gage. Je sers à qui je veux, j'ay libre le courage. Le roy, son frère et mère, et les princes ont bien Pouvoir de commander à mon luth Cynthien.
Des autres je ne suis ny valet ny esclave, Et s'ils sont grands seigneurs, j'ay l'esprit haut et brave.
Tu dis que j'ay vescu maintenant escolier.
Maintenant courtisan et maintenant guerrier, Et que plusieurs mestiers ont esbatu ma vie 7 Tu dis vray, predicant ; mais je n'euz oncq' envie De me faire ministre ou comme toy, cafard, Vendre au peuple ignorant mes songes et mon fard. J'aimerois mieux ramer sur les ondes salées.
Ou avoir du labeur les deux mains empoulées, Ainsi qu'un vigneron par les champs incogneu, Qu'estre d'un gentil-homme un pippeur devenu... [148]
Tu te mocques, aussy, de quoy ma poësie Ne suit l'art misérable, ains' va par fantaisie. Et de quoy ma fureur sans ordre se suivant Esparpille ses vers comme fueilles au vent; Ou comme au mois d'esté, quand Taire bien féconde Sent battre de Cerès la chevelure blonde.
Et le vanneur my-nud, ayant beaucoup secoux* Le blé, de-çà, de-là, dessus les deux genoux, Le tourne et le revire, et d'une plume espaisse Sépare les bourriers ^ du sein de la déesse ; Puis du dos et des bras efforcés par ahan ^