S'an-ondissent en forme de suie
Douce, belle, gentille et bien-flairante ^ rose ', Que tu es à bon droit à Venus consacrée !
Ta délicate odeur hommes et dieux recrée.
Et, bref, rose, tu es belle sur toute chose.
La Grâce pour son chef un chapelet ' compose De ta feuille, et tousjours sa gorge en est paréo ; Et mille fois le jour la gaye Cythcrée De ton eau pour son fard sa belle joue arrose.
Ha Dieu ! que je suis aise alors que je te voy Esclore au poinct du jour sur l'espine à requoy * Aux jardins de Bourgueil, près d'un bois solitaire !
De toy les nymphes ont les coudes et le sein. De toy l'Aurore emprunte et sa joue et sa main, Et son teint ceste * là qui d'Amour est la mère.
CHANSON
Je veux chanter en ces vers ma tristesse *, Car autrement chanter je ne pourrois, Veu que je suis absent de ma maistresse ; Si je chantois autrement je mourrois. , ^
Pour ne mourir il faut donc que je r hante En chants piteux ma plaintive langueur.
Pour le départ de ma maistresse absente, Qui de mon sein m'a desrobé le cœur... [24]
Et soit que j'erre Uu plus haut des montagnes,