‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 37 sur 361 · A ou en requoy, en secret, 6. Marulle. B · texte numérisé non relu

A ou en requoy, en secret, 6. Marulle. B

Ou dans un bois> loin de gens et de bruit.

Ou dans les prés, ou parmy les campagnes, Toujours à ToDil ce beau pourtrait me suit... |161

Quand j'apperçoy la rose sur Tespine, Je pense voir de ses lèvres le teint ; Mais la beauté de Tune au soir décline.

L'autre beauté jamais ne se desteint... [8]

Si j'enten bruire une fontaine claire, Je pense ouyr sa voix dessus le bord.

Qui, se plaignant de ma triste misère.

M'appelle à soy pour me donner confort... [4|

Amour vraiment est une maladie; Les médecins la sçavent bien juger, En la nommant fureur de fantaisie Qui ne se peut par herbes soulager*... f8J

Marie, qui voudroit vostre nom retourner, Il trouveroit Aimer : aimez-moy donc, Marie; Puisque vostre beau nom à l'amour vous convie. Il faut vostre jeunesse à l'amour adonner.

S'il vous plaist pour jamais vostre amy m'ordonner. Ensemble nous prendrons les plaisirs de la vie, D'une amour, contre-aimée, et jamais autre envie Ne me pourra le cœur du vostre détourner.

Si faut-il bien * aimer au monde quelque cliose ; Celuy qui n'aime point", pour son but se propose Une vie d'un Scytiie, et ses jours veut passer

Sans gouster la douceur des douceurs la meilleure. Eh ! qu*est-il rien de doux sans Venus*? Las, à l'heure Que je n'aimeray plus, puisse- je trespasser!

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Je veux, me souvenant de ma gentille amie, Boire ce soir d'autant*, et pour ce, Corydon,

^.Ovide, Met. jl,b23; Tibulle, 3. Mimncrme ; A. Chénier, p. II, m, B. 169.

2.11 faut pourtant bien (L.: Si). 4. En proport. de mon amour.

LES AMOUKS: -,- 11. MAUIK. :;5

Fay remplir mes flacons et verse à l'abandon Du vin pour resjouir toute la compagnie.

Soit que m'amie ait nom ou Cassandre ou Marie, Neuf fois je m'en vais boire aux lettres de son nom ; Et toy, si de ta belle et jeune Magdelon ', Belleau, l'amour te poind, je te pri', ne l'oublie.

Apporte ces bouquets que tu m'avois cueillis. Ces roses, ces œillets, ce jasmin et ces lis; Attache une couronne à l'entour de ma teste *.

Gaignons ce jour icy, trompons nostre trespas; Peut-estre que demain nous ne reboirons pas.

S'attendre au lendemain n'est pas chose trop preste '.

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Mignonne, levez-vous, vous estes paresseuse, Ja * la gave alouette au ciel a fredonné.

Et ja le rossignol doucement jargonné, Dessus l'espine assis, sa complainte amoureuse.

Sus ! debout ! allons voir l'herbelette perlouse, Et vostre beau rosier de boutons couronné, Et vos œillets aimés auxquels aviez donné Hier au soir de l'eau d'une main si soigneuse.

Harsoir' en vous couchant vous jurastes vos yeux D'estre plutost que moi ce matin esveillée ; Mais le dormir de l'aube, aux filles gracieux,

Vous tient d'un doux sommeil ençor les yeux sillée *. Çà, çà, que je les baise, et vostre beau tetin, Cent fois, pour vous apprendre à vous lever matin.

Amour est un charmeur : si je suis une année, Avecques ma maistresse à deviser toujours,

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