Ces sonnets parurent pour Médicis. Ils furent commentés
la première fois, je crois, joints par Richelet.
aux Amours en 1557. Ils sont 2. Le I" livre comprend 63
adressés à Hélène de Surgères, sonnets et 1 chanson,
fille d'iionneur de Catherine de 3. Sappho ; Manille. R.
Le cœur me bat au sein, ma chaleur naturelle Se refroidit de peur, mes sens évanouis Se perdent dedans l'air, tant tu te rejouis D'acquérir par ma mort le surnom de cruelle.
Tes regards foudroyants me percent de leurs rais ^ Tout le corps, tout le cœur, comme poi notes de trais' Que je sens dedans l'ame ; et, quand je me veux plaindre
Ou demander mercy du mal que je reçoisj Si bien ta cruauté me resserre la vois, Que je n'ose parler, tant tes yeux me font craindre.
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Je liay d'un filet de soye cramoisie Vostre bras l'autre jour parlant avccques vous ; Mais le bras seulement fut captif de mes nouds ^ Sans vous pouvoir lier ny cœur ny fantaisie.
Beauté que pour maistresse unique j'ay choisie, Le sort est inégal : vous triomphez de nous ; Vous me tenez esclave, esprit, bras et genous, Et Amour ne vous tient ny prinse * ny saisie.
Je veux parler, maistresse, à quelque vieil sorcier, Afin qu'il puisse au mien vostre vouloir lier. Et qu'une mesme playe à nos cœurs soit semblable.
Je faux ^ : l'amour qu'on charme est de peu séjour 6 ; Estre beau, jeune, riche, cloquent, agréable, Non les vers enchantez, sont les sorciers d'amour.
Ostez votre beauté, ostcz vostre jeunesse", Ostez ces rares dons que vous tenez des cieux, Ostez ce docte esprit, ostez-moy ces beaux yeux. Cet aller, ce parler digne d'une déesse.