‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 70 sur 361 · Nœuds (Ace. Rim.; on pro- 7. Pétrarque. R · texte numérisé non relu

Nœuds (Ace. Rim.; on pro- 7. Pétrarque. R

Je ne vous seray plus, d'une importune presse ^ Fascheux comme je suis ; vos dons si précieux Me font, en les voyant, devenir furieux*, Et par le desespoir l'ame prend hardiesse.

Pour ce, si quelquefois je vous touche la main. Par courroux vostre teint n'en doit devenir blesme ; Je suis fol, ma raison n'obéyt plus au frein,

Tant je suis agité d'une fureur extrême; Ne prenez, s'il vous plaist. mon offence à desdain ; Mais, douce, pardonnez mes fautes à vous mesme.

Voicy le mois d'avril, où nasquit la merveille Qui fait en terre foy de la beauté des cieux. Le mirouer de vertu, le soleil de mes yeux.

Qui vit comme un phénix, au monde sans pareille.

Les œillets et les lys et la rose vermeille Servirent de berceau ; la Nature et les dieux La regardèrent naistre en ce mois gracieux ; Puis Amour la nourrit des douceurs d'une abeille. Les Muses, Apollon et les Grâces estoient Tout à l'entour du lict, qui à l'envy jettoient Des fleurs sur l'angelette 3. Ah ! ce mois me convie

D'eslever un autel, et, suppliant Amour, Sanctifier d'avril le neufiesme * jour.

Qui m'est cent fois plus cher que celuy de ma vie.

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