Pierre sépulcrale (L
Et des amours desquelles nous parlons.
Quand serons morts, n'en sera plus nouvelle.
Pour ce aimez-moy ce pendant qu'estes belle.
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Je ne suis seulement amoureux de Marie, Anne me tient aussi dans les liens d'Amour ; Ore Tune me.plaist, ore l'autre à son tour.
Ainsi Tibulle aymoit Nemesis et Délie.
Un loyal me dira que c'est une folie D'en aymer, inconstant, deux ou trois en un jour. Voire ^, et qu'il faudroit bien un Ijomme de séjour^ Pour, gaillard, satisfaire à une seule amie.
Je respons, mon Choiseul, que je suis amoureux, Et non pas jouissant de ce bien doucereux.
Que tout amant souhaitte avoir à sa commande.
Quant à moy, seulement je leur baise la main, Les yeux, le front, le col, les lèvres et le sein. Et rien que ces biens-là, mon Choiseul, ne demande.
Bien que vous surpassiez en grâce et en richesse Celles de ce pays et de toute autre part.
Vous ne devez pourtant, et fussiez-vous princesse, jamais vous repentir d'avoir aymé Ronsard.
C'est luy, dame, qui peut avecque son bel art Vous affranchir des ans et vous faire déesse ; Il vous promet ce bien, car rien de luy ne part Qui ne soit bien poli, son siècle le confesse.
Vous me responderez 3 qu'il est un peu sourdaut. Et que c'est déplaisir en amour parler haut ; Vous dites vérité, mais vous celez après
1. Adv., assurément, sans doute, sans séjour (R. de la R., 4252), cerlef scme (N.: L.). c'est être tourmenté sans relâche.