ET LES ŒUVRES DE P.-J. BERNARD
, . . ^ EU ctauUurs, prinàpalemeiU parmi ■;':3*--"'(j (! nos aimables petits poltis du xviii' iié- T~\ S^ '^'' ""' ^^' J"£^^ aussi diversement J^ X"^ fV yut le Gentil-Bernard. Tour à tour ■s ' *^^| portées aux nues, ou rejetèes aux der-
i ratt£s de nôtre littérature, ses ■s ont éprouvé toutes les vicissitudes que peuvent subir les productions d'esprit, suivant les variations du goût, les caprices de la mode, les préventions littéraires et les inexorables sévérités du temps : admirations excessives, critiques acerbes, longs oublis, rien ne leur a manqué, rien ne leur a été épargné. Au milieu de ces contradictions, cependant un fait subsiste f«i
II Notice sur la vie
doil cire retenu, c'est qve, même de nos jours, où une critique plus sûrf ti moins passionnée a rendu hatine justice aux hrivains du passé, le nom de Bernard jouit eneore, du moins parmi les lellrts, d'une popularité certaine. Quelle cause a donc pu valoir à notre auteur une faveur si peu commune que n'ont pu obtenir tnaints autres écrivains, peut-lire plus remarguaMes que Imf Comment sûn souvenir a-t-il pu parvenir jusqu'à ttims et survivre à des engouements irrlftèchis, bientét suivis de dédains assurément trop affectésf — Cest ce que nvm apprendrons sans doute en jetant un rapide coup d'ail sur la vie et sur les ottorages de ce gracieux icri-
La biographie de Bernard est aisée à faife : Sl^ vie fut si simple, si dépourvue d'incidents vraiment retnarquables, qu'on pourrait résumer d'un mot toute son histoire, en disant que ce fut surtout un homme heureux.
Pierre - Joseph Bernard naquit à Grenoble , le l6août 1708', dans un rang très modeste jsonpére, Guillaume Bernard, qui avait épousé une femme de sa condition, Marie Bertet, exerçait la profession de sculpteur et appartenaità la petite bourgeoisie. Désireuxtaits doute, comme ce fut toujours l'usage de tout bon bourgeois, d'assurer à leur fils une position supérieure à la leur, ses parents l'envoyèrent faire ses humanités au collège des ;ésuiles de Lyon. Le jeune Bernard profita assez bien
l'ont r#péti ï L. C'e»! usa u c*im p»r M. da Mareseol, qui », puNfe, '«.««(««1, Itait Is^i.ilajta.de noire auteur. .
et les œuvres de P.^, Bernard. m
de kf^ l^çon& cl viMit^o, vraisemhlablefijtent d'itUéresff safiie& di^siiions, ca^ iesjésuiles, qui se eànnaiss^nli en sujets, firemt de nombreux efforts pour le retenir parmi çi^ et Venr.âifr dans leur con^agme%
Mais le futur chantre de V « Art d'aimer >, ne goûr tfint que médiocrement le getire de vie des bons pères,, s empressa de retourner dans sa famille'^ qui le fit partit , pour Paris, oii il fut placé, comme clerc, chez un procureur. Quelle destinée pour un jeune homme de vingt-dewt q,ns, atni de la gaieté, du plaisir, des fêtes joyeuses, et, pardessus tout cela, déjà possédé de ta fureur de rimer/ Quiconque, de nos jours, a travaillé dans une étude âf'avoué sait à merveille que cette profession n*est pas des plus récréatives et ne se prête guère aux fantaisies dune imagination poétique ; mais nul basochien d*aiijourd'hui ne peut se rendre compte de ce qu'était, au siècle dernier j. rofficine d'un procureur : installation sordide, nourriture problématique, paperasses nauséabondes, style judi-^ ciaire absurde, pratique répugnante, patron bourru, gros-sier, avaricieux, et le plus souvent doublé d'un fripon j tel est, fort abrégé, le tableau charmant qu'offraient au, néophyte ces botitiques de la chicane, qu'on appelait si pompeusement alors r antichambre d^ sanctuaire des lois. Qu'on juge si Bernard dut se plaire dans un semblable milieu. Par bonheur, la jeunesse ne perd jamais ses droits, et faisant bonne contenance, il sut ruser à son tour e{ charmer ses ennuis en faisant, en cachette, quelques-uns de ces jolis vers qui devaient le mener plus tarda la fortune.
C'est, en effet, à cette époque qtH il composa deux de ses plus charmantes pièces : l'Épître à Claudine et l'Hymne é»
IV Notice sur la vie
ta Rose. Toutefois, cela ne pouvait durer et, au bout de deux années de contrainte, non moins las de son procureur que ce dernier ne l'était probablement de lui, il quitta subitement la robe pour Vèpèe et s'enfuit pour toujours de sa poussiéreuse étude^
C'était en 1733 ; Bernard, âgé alors de vingt-cinq ans à peine, profitant de quelques relations que ses talents naissants lui avaient déjà procurées, parvint à se faire attacher à la personne d'un officier général^ qui allait se battre en Italie. La carrière nouvelle qu'il abordait convenait parfaitement à notre auteur : gai, galant, de bonne fnine et brave, il sut promptement se faire aimer de siÈ camarades ei de ses chfs. Pendant cette 'campagne glorieuse pour la France, il assista de sa personne aux batailles de Parme et de Guastalla, et, dans ces deux affaires, se conduisit /ort bien : tous les hommes n'ont pas ce courage, et plus d'un poète, dont les vers respirent l'ardeur guerrière, aurait pu faire moins bonne contenance enpa* Teille occasion : pour n'en citer qu'un seul, rappelons qu'Horace se comporta assez mal à la journée de Philippes, où' il prit la fuite, relictâ non benè parmulâ. Notre Bernard, d'ailleurs, ne passa pas tout son temps à batailler, suivant en cela l'exemple de beaucoup de ses compagnons d^ armes. C'est lui- fnême qui nous le dit dans son poème, aussi médiocre qu'ennuyeux : les Campagnes d'Italie en 1733 et 1734; La bravoure n'excluait
I. Le nom de cet officier, qui fat tué dans cette campagne, est demeuré inconnu jusqu'à présent; toutefois, ce ne pouvait être, comme on l*a dit partout, le marquis de Pezay, qui n'est né qu*en 17^1.
et les œuvres de P,-J, Bernard. v
pas la galanterie, au contraire; aussi nous montre-t-il ses camarades, et lui-mênu avec eux, bien entendu,
Occupés de guerre et d'amour, Cuirassés, masqués, tour à tour.
Passant de la sape aux ruelles.
On les voit partout aguerris Tenter des conquêtes nouvelles, ^ £t des rois venger les querelles, Et s'en faire avec les maris.
La guerre se termina d'une manière heureuse pour Bernard : l'un des généraux qui avaient commandé en chef, le maréchal de Coigny, consentit à le prendre pour secrétaire; c'est vraiment de ce moment que commence la fortune de Bernard; mais ce ne fut point sans quelque mélange d'ennuis qu'il obtint cette faveur. Le maréchal, homme dur, fier et impérieux, tout en accueillant dans sa maison le Jeune roturier dont il appréciait les qualités sérieuses, eut soin de le tenir toujours à distance et ne daigna pas même l'admettre à sa table ; procédé hautain et bien surprenant chez un homnu aussi distingué que M. de Coigny, surtout à cette époque oii déjà le talent avait droit de cité dans les plus nobles maisons. Il faut dire, du reste, que la poésie n'était pas précisément ce qui, dans son nouveau secrétaire, séduisait le plus le digne maréchal; bien loin de là, il appréciait si peu, ou plutôt dédaignait si fort ce genre de talent, qu'il défendit, assure-t'on, très expressément au jeune poète défaire désormais des vers. — Empêcher Bernard de rimer I défense chimérique vraiment, et l'on pense bien que là oit le procureur avait échoué, le guerrier ne devait pas mieux réussir. Il fallait toutefois être plus prudent, car le ma-
la Rose. .
Heux an Ht reur que i\ subitemo'i.
de sa pou^ ■ C'ètail à peine, J naissants .
attacher a battre en I venait pm fnine et hi camarade:
rieuse pour tailles de 1 se conduis, rage, et piguerrière, i reille ocdi qu'Horace lippes, oit i Notre Ben.
batailler, si eompagnon son poème, gnes d'Ita!