LE HAMEAU
RIEN n'est si beau Que mon hameau, Oh I quelle image !
Quel paysage Fait pour Watteau I Mon ermitage Est un berceau Dont le treillage Couvre un caveau.
Au voisinage, C'est un ormeau, Dont le feuillage Prête un ombrage A mon troupeau ; C'est un ruisseau Dont l'onde pure
t^2 Pcésiês de Gemtil-Bgrmard,
Peint sa bordure lyan TKt Bonrean.
Mais <f est Sylvie Qui rend ces liens Oignes cToivi^ Dignes des àitua.
Lày chaque place Donne à choisir Quelque plaisir Qa'nn antre e&ce.
C'est à Fentoar De ce domaine Qne je promène An point du jonr Ma souveraine.
Si Talibe en pleors A fait édore Moisson de fleurs, Ma jeune Flore A des couleurs Qui, près des leurs. Brillent encore.
Si les chaleurs Nous font descendre Vers ce Méandre, Dans ce moment.
Un bain charmant Voit sans mystère, Sans ornement, Et la bergère Et son amant.
Épîires. 153
Jupe légère Tombe aussitôt.
Tous deux que faire?
L'air est si chaud !
Uonde est si claire !
Assis auprès, Cornus après Joint à Pomone Ce qu'il nous donne A peu de frais.
Gaité nouvelle, Quand le vin frais Coule à longs traits; Toujours la belle Donne ou reçoit, Fuit ou m'appelle, Rit, aime ou boit.
Le chant succède, Et ses accents Sont l'intermède Des autres sens.
Sa voix se mêle Aux doux hélas De Philomèle, Qui si bien qu'elle Ne chante pas.
Telle est la chaîne De nos désirs :
Nés sans soupirs, Comblés sans peine, £t qui ramène
1Ç4 Poésies de Gentil-Bernard.
De nos plaisirs L'heure certaine.
O vrai bonheur, Si le temps laisse Durer sans cesse, Chez moi vigueur, Beauté chez elle, Jointe à Thumeur D'être fidèle !
Qu'à pleines mains.
Le ciel prodigue Comble et fatigue D'autres humains :
Moi, sans envie, Je chanterai, Avec Sylvie; Je jouirai Et je dirai Toute la vie :
Rien n'est si beau Que mon hameau.