A MADEMOISELLE SALÉ
LES amours pleurant votre absence Loin de nous s'étoient envolés :
Enfin les voilà rappelés Dans le séjour de leur naissance.
Je les vis, ces en&nts ailés, Voler en foule sur la scène, Où, pour voir triompher leur reine.
Leurs états furent assemblés.
Tout avoit déserté Cythère, Le jour, le plus beau de vos jours, Où vous reçûtes de leur mère Et la ceinture et les atours.
Dieux I quel fut Taimable concours Des jeux, qui, marchant sur vos traces.
Apprirent de vous pour toujours Ces pas mesurés par les Grâces Et composés par les amours !
E pitres, 171
Des ris Tessaim vif et folâtre
Avoit occupé le théâtre.
Sous les formes de mille amants,
Vénus et ses nymphes parées
De modernes habillements,
Des loges s'étoient emparées ;
Un tas de vains perturbateurs,
Soulevant les flots du parterre,
A vous, à vos admirateurs.
Vint aussi déclarer la guerre.
Je vis leur parti frémissant.
Forcé de changer de langage.
Vous rendre, en pestant, leur hommage
Et jurer en applaudissant.
Restez, fille de Terpsichore,
L'Amour est las de voltiger;
Laissez soupirer l'étranger.
Brûlant de vous revoir encore.
Je sais que, pour vous attirer,
Le solide Anglois récompense
Le mérite errant que la France
Ne sait tout au plus qu'admiren
Par sa généreuse industrie^
Il veut en vain vous rappeler.
Est-il rien qui doive égaler
Le suffrage de sa patrie ?