‹ Poésies choisiesChapitre 48 sur 84 · LA LYRE D'AMOUR · texte numérisé non relu

LA LYRE D'AMOUR

NON, rien ne doit plus t'alarmer :

Asservis, possède un cœur tendre, Aussi fidèle pour t'aimer, QuMl fut empressé pour se rendre.

Par un soudain enchantement, Ma liberté me fut ravie, Et l'ouvrage d'un seul moment Fera le destin de ma vie.

Du trait qui partit de tes yeux, L'Amour lui-même fut le guide ; De ses flèches la plus rapide Est celle qui blesse le mieux.

Me vaincre étoit peu pour sa gloire ; Et ce fut le jeu d'un enfant;

Odes, 24.3

Remporter sur toi la victoire Fut Teifort d'un dieu triomphant.

Contre toi, d'une main timide^ Il prit son carquois redouté; Mais il n'osa frapper Tégide Doût le ciel armoit ta fierté.

Connoissant le goût qui t'inspire Pour les chants du sacré vallon, L'Amour instruit par Apollon De son carquois fit une lyre.

Attentive à ses doux accents, Tu ne craignis plus de l'entendre ; Et ton cœur se laissa surprendre Par la trahison de tes sens.

Cette lyre, à ta voix unie, Enchanta le docte séjour.

Eh ! que rfinspire point l'amour, Quand il est le dieu d'harmonie !

Chaque son, produit sous tes doigts, Devenoit un trait plein de flamme :

Ainsi l'enchanteur de ton âme Lançoit mille traits à la fois.

Tu fus soumise à son empire Et docile aux tendres leçons ;

Poésies dt Geniil-Btrnc

Ta Toix répéta ses chansons, Ton cceur ê prouva son délire.

Sur cet instrument séducteur.

Qui servit à fléchir ton âme.

L'amour chanta l'épithalame Des noces dont il fut l'auteur.

O toi qui m'as donné Thémire, Mets le comble aux biens que tu fais; Amour, laisse-moi celte lyre.

Pour 6xer Thémire à jamais.

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