LYCORIS
JUPITER, prête-moi ta foudre, S'écria Lycoris un jour ; Donne, que je réduise en poudre Le temple où j*ai connu TAmour !
€ Alcide, que ne suis*je armée De ta massue ou de tes traits, Poui' venger la terre alarmée, Et punir un dieu que je hais I
« Médée, enseigne-moi l'usage De tes plus noirs enchantements :
Formons pour lui quelque breuvage, ÉgaLau poison des amants.
« Ah I si, dans ma fureur extrême, Je tenois ce monstre odieux !...
352 Poésies de Gentil-Bernard.
— Le voici, lui dit l'Amour même, Qui soudain parut à ses yeux.
« Venge-toi, punis, si tu Toses. »
Interdite à ce prompt retour, Elle prit un bouquet de roses Pour corriger I3 jeune Amour.
On dit même que la bergère, De ses bras n'osant le presser, En frappant d'une main légère, Craignoit encore de le blesser.