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ODE XIV

CLIMENE

Js vois Climène chaque jour :

Tu veux que je porte sa chaîne»

Maïs, hélas I connois-tu Climène ?

Son cœur est-il fait pour Tamour ?

J'ai caché, j'ai voulu contraindre Un feu qui doit TefFaroucher :

Ah ! tout mon tourment est de craindre Que son cœur n'ait rien à cacher.

Je l'aime, sa beauté me touche ; Mais par son maintien confondu.

Je sens mon aveu suspendu.

Qui reste glacé sur ma bouche.

Dans ce commerce circonspect, Jusqu'au nom d'amour est un crime;

2^S Poésies de Gemiîl'BermanL

Cest le grand tenue du respect Pajé d'an petit mot d'estime.

Si je risque quelques soupir^ S'il faut que Qimène réponde.

Par l'estime la plus profonde £lle croit combler mes désirs.

Cest la suprême indifférence, Cest le nord glacé des amours.

Ah I je sens, malgré ma constance.

Qu'elle m'estimera toujours.

Vain retour, estime cruelle.

Ce mot excite mon courroux I L'ingrate, que ne garde-t-elle Son estime pour son époux I

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