‹ Poésies choisiesChapitre 17 sur 70 · FLORISE, LISETTE · texte numérisé non relu

FLORISE, LISETTE

FLORISE

Eh bien, Cléon, Paroîtra-t-il bientôt ?

Mais oui, si ce n'est non.

FLORISE

Comment donc ?

LISETTE

Mais, madame, au ton dont il s'explique, A son air, où l'on voit dans un rire ironique L'estime de lui-même et le mépris d'autrui, Comment peut-on savoir ce qu'on tient avec lui?

74 Poésies de Gresset.

Jamais ce qu'il vous dit n'est ce qu'il veut vous dire. Pour moi, j'aime les gens dont l'âme peut se lire, Oui disent bonnement oui pour oui, non pour non.

FLORISE

Autant que je puis voir, vous n'aimez pas Cléon.

LISETTE

Madame, je serai peut-être trop sincère. Mais il a pleinement le don de me déplaire. On lui croit de l'esprit, vous dites qu'il en a Moi, je ne voudrois point de tout cet esprit-là, Quand il seroit pour rien. Je n'y vois, je vous jure, Qu'un style qui n'est pas celui de la droiture; Et sous cet air capable, où l'on ne comprend rien, S'il cache un honnête homme, il le cache très bien.

FLORISE

Tous vos raisonnements ne valent pas la peine Que j'y réponde : mais pour calmer cette haine, Disposez pour Paris tout votre arrangement : Vous y suivrez Chloé; je l'envoie au couvent. Dites-lui de ma part...

Voici mademoiselle :

Vous-même apprenez-lui cette belle nouvelle.

FLORISE, i Cliloù, qui lui baise la main.

Vous êtes aujourd'hui coiffée à faire horreur.

Elle sort .

Le Méchant. 75

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