CHI.OK
Ma mère est ma maîtresse, il lui faut obéir; Puisse-t-elle à ce prix cesser de me haïr !
Doucement, s'il vous plaît, l'affaire n'est pas faite,
Et ma décision n'est pas pour la retraite;
Je ne suis point d'humeur d'aller périr d'ennui.
Frontin veut m'épouser, et j'ai du goût pour lui;
Je ne souffrirai pas l'exil qu'on nous ordonne.
Mais vous, n'aimez-vous plus Valère, qu'on vous donne
C HI.OÉ. Tu le vois bien, Lisette, il n'y faut plus songer.
Le Méchant. 77
D'ailleurs, longtemps absent, Valère a pu changer : La dissipation, l'ivresse de son âge, Une ville où tout plaît, un monde où tout engage, Tant d'objets séduisants, tant de divers plaisirs, Ont loin de moi sans doute emporté ses désirs. Si Valère m'aimoit, s'il songeoit que je l'aime, J'aurois dû quelquefois l'apprendre de lui-même. Qu'il soit heureux du moins ! pour moi, j'obéirai : Aux ennuis de l'exil mon cœur est préparé : Et j'y dois expier le crime involontaire D'avoir, pu mériter la haine de ma mère. A quoi rêves-tu donc? tu ne m'écoutes pas.
LISETTE
Fort bien... Voilà de quoi nous tirer d'embarras... Et sûrement Florise...
CHLOÉ
Eh bien?
LISETTE
Mademoiselle, Soyez tranquille: allez, fiez-vous à mon zèle; Nous verrons sans pleurer la fin de tout ceci. C'est Cléon qui nous perd, et brouille tout ici : Mais malgré son crédit je vous donne Valère. J'imagine un moyen d'éclairer votre mère Sur le fourbe insolent qui la mène aujourd'hui ; Et nous la guérirons du goût qu'elle a pour lui : Vous verrez.
Poésies de Grcssel.
CHLOÉ
Xc fais rien que ce qu'elle souhaite : Que ses vœux soient remplis, et je suis satisfaite.