GÉROXTE, ARISTE, VALÈRE, CLÉON FLORISE, CHLOÉ
GÉROXTE.
Eh bien ! qu'est-ce, ma sœur? Pourquoi tout ce tapage
FLORISE
Je ne puis point ici demeurer davantage,
Si monsieur, qu'il falloit n'y recevoir jamais...
( I.ÉOX.
L'éloge n'est pas fade.
GÉROXTE.
Oh ! qu'on me laisse en paix; Ou, si vous me poussez, tel ici qui m'écoute...
Valère ne craint rien : pour moi. je ne redoute Nulle explication. Voyons, éclaircissez...
GÉRO N T E.
Je m'entends, il suffit.
ARISTE
Xon, ce n'est point assez :
Ainsi que l'amitié la vérité m'engage...
Le Méchant. 189
GERONTE.
Et moi, je n'en veux point entendre davantage Dans ces misères-là je n'ai plus rien à voir, Et je sais là-dessus tout ce qu'on peut savoir.
Sachez donc avec moi confondre l'imposture; De la lettre sur vous connoissez l'écriture... C'est Frontin, le valet de monsieur que voilà.
GÉRONTE
Vraiment oui, c'est Frontin; je savois tout cela Belle nouvelle !
ARISTE
Eh quoi ! votre raison balance ?
Et vous ne voyez pas avec trop d'évidence...
GÉRONTE
Un valet, un coquin !...
Connoissez mieux les gens; Vous accusez Frontin, et moi je le défends.
GÉRONTE
Parbleu! je le crois bien, c'est votre secrétaire.
VALÈRE
Que dites-vous, monsieur ? et quel nouveau mystère... Pour vous en éciaircir interrogeons Frontin.
i£0 Poésies de Gresset.
CLÉ ON
Il est parti, je l'ai renvoyé ce matin.
VAX, ÈRE.
Vous l'avez renvoyé; moi, je l'ai pris, qu'il vienne.
A un laquais.
Qu'on appelle Lisette, et qu'elle nous l'amène. GÉRONTE.
A Valère.
Frontin vous appartient? '
A Cléou.
Autre preuve pour nous !
Il étoit à monsieur même en servant chez vous, Et je ne doute pas qu'il ne le justifie.
CLÉON
Valère, quelle est donc cette plaisanterie ?
valèr E.
Je ne plaisante plus, et ne vous connois point. Dans tous les lieux, au reste, observez bien ce point : Respectez ce qu'ici je respecte et que j'aime; Songez que l'offenser, c'est m'ofienser moi-même.
GÉRONTE
Maisvraimcnt il est brave; on me tnandoitque non.
Le Méchant. 191