‹ Poésies choisiesChapitre 111 sur 300 · Virgile, Enéide, VI, M9. ô. Cette · texte numérisé non relu

Virgile, Enéide, VI, M9. ô. Cette

2. Sul)jonctif du verlje rlia- 4. Si elle, loir (L.; sa coujug. dans la Grain. ii. J'ard, je brûle '. de Du Guez, éd. Génin, p. 1006). 6. D'où. V. p. 25, u. 3.

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Si maugré moy, ([ue sert que je pleure sans cesse ? 0 mal plein de plaisir ! ù bien plein de tristesse ! 0 joyc douloureuse ! ô joyeuse douleur !

0 vive mort, comment peus-tu tant sur mon aine, Si je n'y consen point ? mais si je m'y consen, Me plaignant à grand tort, à grand tort je m'en hiame.

Amour bon ot mauvais, bon gré maugré je soufre. Heureux et malheureux et bien et mal je sen ; Je me plain de servir ou moy-mesme je m'ouffre *.

Ouelcun faisant parler le françois échauffant l'relandc le chapeau ^ du tragique lierre ; Un autre à fin qu'un roy son front de laurier serre Chante les faits de Mars d'un vers bravement haut.

Le peuple ny les rois contenter ne me chaut : Par mes vers je no veux autre couronne aquerre *, Que plaisant à Francine avoir fin de la guerre Que fait sa chasteté contre mon désir chaut.

Si je suis aynié d'elle, et si lisant ma rime De son jugement docte elle en fait quelque estime. Des poètes amans je suis le plus heureux.

Mais si elle daignoit de sa belle main blanche Me mettre sur le front du doux myrte la branche, Je touchcrov le ciel de mon front amoureux.

Rossignol amoureux, qui dans cestc ramée^ Ore'^ haut, ore bas, atrempant*' ton chanter, l'ossilile comme moy essayes d'enchanter Le gentil feu qu'allume en toy ta mieux aymée ;

1. Je m'offre Forme fi-équ.; -i. Acquérir ' i Ace. Rim). V. Ronsard, p. 87. 5. Tantôt .. tantôt.

2. L'échafaud ', la scène. 6. Accorder, ajuster, modulerj' ô. Couronne'. — Cf. Horace, tem/)erare (lîoquef.; R. de la U.,

Odes, I, VI. 3906).

AMOURS DE fra:sgi>"e. - T. I2r>

S'il V a quelque ainour dans ton cœur alliuiiéc ' Qui cause ta chanson, vien icy te jetter Dans mon giron, à fin que nous puissions llater La pareille douleur de nosire ame enlliunmée.

Rossignol, si tu l'es, aussi suis-je amoureux. C'est un soûlas bien grand entre deux malheureux De pou\oir en commun leurs douleurs s'entredire.

Mais, oyseau, nos malheurs (je croy) ne sont égaux, Car tu dois recevoir lu fm de tes travaux, Moy, je u'espere rien qu'à jamais un martyre.

Si je suis devant toi, prest à (c raconter Le mal de ton amour, je ne te puis rien dire ; Mais mon cœur, gros d'ennuys. qui tristement souspire, A mes yeux langoureux les larmes fait monter.

Francine, tu me viens alors solliciter De déceler le feu de mon cruel martyre ; Moy ne pouvant parler, le mal tu ne veux lire Que mon cœm' par mes yeux dehors cuide * jetter.

Ma langue sans mouvoir dans ma bouche est muette. Que veux-tu qu'elle die? Elle ne pourroit pas, Non, dire seidement uu mot de sa harangue.

N'ois-tu point les sanglots que mon triste cœur jette? Vois-tu pas en mes yeux le pleur qui roule à bas ? Croy-les : les yeux sont plus à croire que la. langue.

Couteaux verds d'arbrisseaux, de qui le pendant- bas D'un contour recourbé la prairie enceinture, Qui d'un train de serpent se traine en sa verdure. Par détours recelez, des nymphes les esbas ;

Las ! oyrrez-vous sans fin les cris de mes helas ? Vous seray-je ennuyeux des ennuis que j'endure, Tousjours sans chanter rien que de ma peine dure,

i. Pense*. 2. PenctiaiU (Roquef.)

De laquelle chanter jo ne suis 90ul mais las?

Ne viendra point le jour que sous vostre ramée J'écarte à mon souhait, tout seul, ma mieux aymée, Cueillant de mes travaux le beau fruit savoureux ?

Ne viendra point le jour que plus je ne soupire ï Que je cesse ma plainte avecques mon martyre, Vous chantant mille vers du plaisir amoureux ?

Tûusjoui's si près ta douceur suit ton ire, Ton ire suit de si près ta douceur, Que je ne sçay lequel m'est le plus seur * Ou d'estre en joyo ou me voir en martyre.

Si j'ay du bien, on ce bien je souspire, Creignant bien tost ta voysine rigueur : Si j'ay du mal, j'espère ta faveur Qui doit flater le mal qui me martyre.

Si j'ay du bien je n'en jouis en rien, Ayant le mal de creindre pour ce bien Le mal prochain qu'il faudra que jendure.

En mon amour, le mal j'ayme donc mieux, Puis en mou mal je me flate, joyeux Du Inen qui vient après la peine dure.

fiTiiterre^, doux confort de ma peine cruelle. Qui romps tous mes soucis et trompes doucement L'ennuy que je reçoy de l'amoureux toiu'ment, A la mienne joignant ta plainte mutuelle.

Que n'ay-je, mov chetif, pour donter ma rebelle D'un Orphée la main, qui d'ébaïssement Ravit les bois oyans, qui molit tendrement Le dur cœur de Pluton, jusqu'à ravoir sa belle!

A ma piteuse voix j'attramperoy^ tel so:i

1. Rime peimiso alors (Des 2. Guitare*. .\ccords, Dict). 5. J'accorderais '

AMOURS DE FRANCINK. — I.

Que je pourroy gagner avecque ma chanson Celle qui à grand tort contre moy se dépite ;

Et si je la gagnoy, à mon dieu Cupidon, Amour l'enfant archer, je t'apendroy pour don Avec un écriteau témoin de ton mérite.

jN'v m'esloigner du long des plus lointains rivages, Nv par les monts déserts, tout seulel, in'escarter, Ny dans les hois ohscurs fout le jour m'arrester, Nv entrer dans le creux dos antres plus sauvages,

Ne m'osfent tant à moy, que de toy mille images Ne viennent à mes yeux partout se présenter. Où que je sov caché, me venant tourmenter, Navrans' mes jeux de peur, mon cœur de mille outrages.

Si l'œil je jette en l'eau, dedans l'eau je te voy ; Tout arbre par les bois me semble que c'est toy ; Dans les antres, aux monts, me recourt ton image.

Or il faut bien qu'Amour soit aislé comme on bruit-, Quand partout où je suy, léger, il me pouisuit, Tousiours devant mes veux remetant ton visage.

Las! nv pour moy les zefirs ne ventellent; Las ! ny pour mov ne gazouillent les eaux ; Ny pour mov, las ! maintenant les oyseaux Se degoisans plaisamment ne querellent ;

Ce n'est pour moy que les prez renouvellent ; Ny de verdeur pour moy les arbrisseaux Ne parent pas leur fleurissans rameaux ; Aux champs pour moy les chevreaux ne sautelent ;

Ny le berger de ses gayes chansons Sur son flageol ne reveille les sons, Pour moy, chetif, que nul plaisir ne flale.

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