Mclinc. ' I, p. IV^); A. (.liénier, p. iS'J
AMOIRS DE FRANGINE. — I. 121
Ny de tant de ilambeaux la nuit claire ne luit, JVy de tant de forniils la fonniliere n'erre, Ny la mer en ses eaux tant de poissons n'enserre, Ny tel nombre d'oyseaux traversant l'air ne fuil ;
Ny l'yver paresseux ne fletrist tant de fueillcs ', Ny le thym ne nourrist en Ilyble tnnt d'abeilles, Nv tant de sablon n'est en Libye espandu,
Comme pour toy, Francine, et de pensers je pense. Et je souffre d'ennuis et de souspii's j'élance, Et je respan de pleurs, ton anlatit éperdu.
0 ma belle ennemie, et pourrpioy tellement Vous armez vous d'orgueil confre moy, dédaigneuse. Contre moy qui parlant de façon gracieuse, Autant comme je puis, m'offre ii vous bumblement '.
0 si mon deconfort et mon cruel tourment. Madame, tant soit peu vous peut rendre joyeuse, La peine ny la mort ne m'est point ennuieuse : Car pour l'amour de vous je m'ayme seulement.
Mais si par le labeur de mes œuvres ma vie, Maistresse, vous peut bien quebpie honneur aporter, D'elle vous cbaille"- un peu qu'elle ne soit ravie.
Autrement celle ^ histoire à voslre nom vouée. Si mon peu de loysir vous me venez oster, Mourroit entre mes mains devant que d'estre née.
Si ce n'est pas Amour, que sent donques mon cœur? Si c'est Amom" aussi, pour dieu quelle chose est-ce ? S'elle* est bonne, comment nous met elle en détresse ? Si mauvaise, qui fait si douce sa rigueur ?
Si j'ars'' ^e mon Ion gré, dou'' me vient tout ce pie