‹ Poésies choisiesChapitre 145 sur 300 · Sync.,laissera(Palsg., p.40l). i. S'éloigne (Roquef · texte numérisé non relu

Sync.,laissera(Palsg., p.40l). i. S'éloigne (Roquef

Vomis ouït ma plainto, Anioiir l'ouït aussi : Tous deux me viudrent voir : les sores ' passerelles Tirovcnt leur chariot hachant l'air de leurs ailles, Qui tout à l'environ luisif- plus eclairci.

M'ayant ris doucement, Venus me dit ainsi : Qu'as-tu, pauvre Baïf? qui fait ijue nous appelles? Bien, si tu as servi deux maistresses rebelles. Une nous te donnons plus encline à merci ;

S'elles te veullent mal, ceste-cy^ t'aimera; S'elles t'ont à desdain, outre qu'elle t'estime Ceste-cy son vouloir au tien conformera.

Donc, très douce Venus, oste-moy vistement Cet ennuyeux soucy qui me ronge et me lime, Donne à mon triste cœur heureux contentement.

L'amoureux est chasseur, l'amour est une chasse : L'un est après ses chiens et ne songe autre chose ; L'autre après ses pensers sans relâche compose ; A la pluve et au vent et l'un et l'autre chasse.

Plustost que se soûler l'un et l'autre se lasse : Le chasseur est au guet, l'amoureux ne repose ; L'un et l'autre une prise à la fin se propose. Et souvent tout leur temps à la queste se passe.

Diane chasseresse au veneur donne aïde*. Et Venus flateresse à l'amoureux préside. Diane porte l'arc, V^enus aussi le porte.

1. Sauras, de couleur jaune de Paris (L., étyni.; Nisard, p. (L.; Roquef.). 168. et du centre" (J. Gl.); toute-

2. V. p. 154, note i, fois au xv:« siècle ce mol était 5. Celle-ci*. généralement prononcé en deux 4. Diérèse fréquente dans l'an- syllabes et rimait avec les mois

ienne langue (R. de la R.) et en éde (Des Accords, Dict. des qui s'est conservée dans le patois rimes).

Ils (li(T(n'onl d'un point : le cliassour est le maistre De la prise qu'il fait; l'amoureux le pense estre, Mais sa prise tousjours demeure la plus forte.

Ah ! Ronsard, mon amy, que je suis amoureux! Ou soit que le soleil descende chez son hoste Ou que l'aube venant les ténèbres nous oste, Outré de passions, je pasme langoureux.

0 si, quand ta Cassandre en ton cœur désireux Alluma ce beau feu sous ta senestre * cos'te Qui remplit ton saint Loir de l'un à l'autre coste Et qui par l'univers sema ton los heureux ;

0 si quelque remède, ô si quelque allégeance Tu as jamais trouvée à ton gentil tourment, Fay part à ton amy de ton experiance.

Non, ne me guéri pas : trop me plaist mon martyre, Quoy? martyre, mais bien plein de contentement, pour si douce beauté que tout mon cœur désire.

Hier, cueillant ceste rose en autonne fleurie. Je my devant mes yeux nostre esté qui s'enfuit, Et l'autonne prochain et l'hyver qui le suit, Et la fin trop voisine à nostre chère vie.

La voyant aujourduy languissante et flétrie, Un regret du passé à plorer me conduit. La raison que le dueil pour un temps a séduite Juge que cet exemple à plaisir nous convie.

Belles, que vous et moy serons bien à reprendre. Hé ! si le bien présent nous dédaignons de prendre Tant que vovans le jour icy nous demourons.

Las ! hélas ! chaque hyver les ronces effeuillissent. Puis de feuille nouvelle au printemps reverdissent, Mais sans revivre plus - une fois nous mourons !

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