A l'iieure, alors \ 2. Souv. alors féminin
Celle jamais ne devroit estre belle Qui à l'amour voudroit esti'e rebelle.
Est-ce bien fait le cœur des autres prendre. Et sous l'amour ne se vouloir pas rendre ? Et vouloir bien de tous estre servie, Ne voulant estre à l'amour asservie ?
Ne sovez plus de l'amour dédaigneuse Ou vous monstrez moins belle et gracieuse. Pensez quAmour des plus grans se fait raaistre, Et le servir desbonneur ne peut estre.
Autant vaudroit estre mort que de vivre Sans savourer les plaisirs quWmour livre. Il faut aimer : la beauté, ny la grâce, Ny le sçavoir sans aimer n'est que glace. Fors le plaisir, tout le reste est mensonge : L'âge s'envole et passe comme un songe : Donnez, prenez mutuelle plaisance, Pour ne mourir en vaine repentance.
A vous, de qui l'esprit a de moy mérité Par ses rares vertus que soyez ma maistresse, A vous, à qui je suis, ces poètes j'adresse. Présent digne de vous pour leur divinité.
Comme la gente avette au plus beau de l'esté Des fleurs tire le miel •, l'amer lume délaisse : Par ces prez fleurissans, selon vostre sagesse. Assemblez la douceur et passez la fierté.
Et quand vous cboisirez une ame au vif atteinte Par cet enfant archer, qui doute hommes et dieux, Pensez que je vous fay de mon amour la pleinte.
Si le poêle monstre un cœur plein de constance. Vous souvienne du mien ; et s'il espère mieux, Que je puisse espérer en ma persévérance.
1 Hoiace, Orfcs, IV, u. Cf. .\. Cliéuier, p. 200.
J'epan des yeux un fleuve douloureux, Depuis le jour que je fu langoureux, Pour avoir veu cette main Ijlanche et nette Qui de mon cœur tout autre amour rejette.
0 Ijien-heureux ceux là qu'Amour conjoint En un vouloir qui ne se change point, Mais est constant à la mort et la vie Et n'est rompu de soupçon ny d'envie.
Comuie le feu par l'eau, comme la cire Se perd au feu, je me sens delïaillir Et ne veu point de ce lien faillir.
Le dueil m'est bien, et plaisir le martire
11 semé en mer et laboure l'arène .
Et tend un rét d'une entreprise vaine Contre le vent, qui fonde son attente Au cœur letçer d'une femme inconstante.
Oui t'oyt et voit vis à vis Celuy (comme il m'est avis) A gagné d'un dieu la place * ; Ou si j'ose dire mieux De marcher devant les dieux 11 peut bien prendre l'audace
Car si tost que je te voy.
Ma maistresse, devant moy, Parler, œillader ou rire.
Le tout si tresdoucement- Pàmé d'ébahissement.
Je ne sçay que' je dois dire.
Mon esperit* s'estourdist,