LIVRE TllOISlÈME
Amour, tu n'es qu'une passion folle
Dune ame de loisir; Qui sans raison la transporte et l'affollc D'un excessif désir.
Qui vient sans peine
Prompte et soudaine ;
Qui ne s'apaise
Qu'a grand malaise Par mille ennuis pour un fraiie plaisir. ..[isj
De nostre temps une grande princesse-.
Des rares en beauté, ((Jui ne le sçait?) a senti ta rudesse
En toute cruauté :
Sa renommée
1. Contient i" piikc; dont 7 2. Marie Stuail. l'assage diçnc sounels. d'attention.
Est diffamée ; Fuitive elle erre Hors de sa terre, Déteste, haïl, maudit sa royauté,
Criant partout : « Las ! que ne suis-je uée
Fille d'un laboureur ?
J'usse vescu des grand's courts éloignée, Et de si cher honneur.
Aise, contante, Ferme, constante, Je demeurasse Heureuse et basse.
Franche d'espoir, de crainte el de malheur,
Tu nierilois fortune plus heureuse
Pour ta grande bonté, Roine, qui fus des vertus amoureuse, Franche de volonté.
Mais le ciel brise Toute entreiirise :
La raison vaine Ue l'ame humaine Au bien et mal a souvent mécouté...[9J
Hiimbeau de nos amourettes
Et nos douceurs plus secrètes*
U le fidèle témoin !
Beau flandjeau, tu pris le soin
De nous prester ta lumière
En celle - nuit la première
(}ue je vi madame à nu.
Belle nuit, si cher tenu
Ne me soit de nulle année
i. Comii. pour k suimrl. i. Celle '.
AMOURS DIVERSES. — ITT. 195
Jour, qui vaille en sa journée Avec son plus beau soleil D'estre fait à tov pareil ; Ny ne soit en nulle année Un soleil d'une journée Qui me soit, tant soit-il beau.
Si cher que tu m'es, flambeau, Quand tu m'as fait un service Qu'avec ta clarté je visse Tant à clair les membres nus De ma mignarde Venus... [3-2]
A l'heure entre-nous promise, J'allay nus pieds en chemise.
Plein du brazier amoureux Dedans le lieu bien heureux.
Je dy l'heureuse chambrete Où dormoit ma Melinete, Par une nuit de l'esté.
En son lit tant souheté...['28] Sur le flanc droit mi-couchée, Elle a la teste penchée Dessus son bras replié.
Son bras rond et deslié Touche d'une main rosine La couverture voisine.
0 comme je fus ravv Quand son visage je vy !...[88]
Lors retenant mon aleine Tout bellement* je my peine De découvrir tout cela De beau que le drap cela... [52] Mais paravant je m'approucho - Pour le baiser de ma bouche :
Et faire tant je n'ay pu Que lors je n'aye rompu Le doux somme de Meline,