Bldssé *. o. Rendre heureux
MAUPINE.
0 ciel, ô terre, ô mer, je lirusle toute'. Toute d'amour en larmes je m'égoute :
J'aime Nicot, Nicot ne m'aime point, Et pour l'aimer je languis en ce point. De ce Nicot la forte amour me domte, >iais le félon de mon mal ne tient comte, Qui ja- neuf jours, ingrat, passer a pu Sans qu'une fois seulement je l'ay' vu. Seroit-ce point autre amour qui le lie, Et qui fait qu'ore^ en la sorte il m'oublie? Je le sçauray, telles drogues je sçay Dans ce pannier, pour en faire l'essay : Ten-le moy tost, que j'y prenne, Michelle, De frais pavot une fueille nouvelle :
Rien ne défaut que les mots à cecy.
Charmes, charniez mon amoureux soucy.
lia, lasse-moy* ! je suis, je suis pei'duc ! Dessus mon poing ceste fueille étandue, Las ! sous ma main frapanle n'a dit mot-'. (Quoy, tu t'en ris, ô meschante ?) .Nicot, A ce que voy, m'a donques délaissée ï Donc il a mis en autre sa pensée ï Mais pense-l-il en demeurer ainsi ?. .. [20j Charmes, charmez mon amoureux soucy.
Tel soit Nicot, quel '^ pour la hiclie aimée Le cerf en rut, et la forest ramée Et la rivière et monts et plains ' courant. Sans reposer, forcené se mourant.
D'un feu caché se destruit et n'a cure S'amenuisants ny d'eau ny de pasture :
Mais furieux, sans repos, sans repas, Suit jour et nuit sa biche pas à pas :