Tiiéocrite, III, 2o. quel'. ; Joinville
LES JEl'X. — ÉGLOGIES. 205
Tel soit Nicot, et, par telle folie, Mis hors du sens et le vivi-e il oublie Et le donnir, de mon amour transi.
Charmes, charmez mon amoureux soucy.
Pren ces deux cceurs d"un pair ' de tourterelles, (Jui s'entro-aimans l'une à l'autre fidelles, Voyans ce jour en un couple vivovent, Et d'arbre en arbre ensemble se si.ivoyent : Tant que l'un vit l'autre vivant demeure Sans divorcer : mais aussi tost que l'heure A l'un avient, l'autre icy ne veut pas De son confort survivre le trespas.
Ainsi Aicot m'aimant d'amour naïve.
Ferme, lovai, moy vivant, ici vive-.
Et moy mourant, ne puisse vivre icy.
Charmes, charmez mon amoureux soucy.
iNe puisse y vivre, ains* désire la mort. Ces cœurs, Micbelle, enfde et lasse fort De ce cheveu, disant : « Deux cœurs je presse De deux amans d'une aii;oureuse lesse. » Son cœur au mien accouplé soit ainsi... [-211] Charmes, charmez mon amoureux soucy
Mais folle moy^, qui le temps et la peine Ensemble per d'une entreprise vaine.
Tachant mouvoir un fier cœur, non de chair, Ainçois*, je croy, d'imployable rocher; (juand ma chanson, qui les astres arreste. Relient les flots, accoises la tempeste. Sur ce félon de fer n'a. le pouvoir Pour à pitié de mon mal l'émouvoir.
La nuit s'en va : avecque la nuit brune Dans l'Océan s'en va plonger la lune.
L aube desja dechassanl l'obscurté L'air eclaircy reblanchist de clarté :
Le jour revient, non pas .Nicot encore.
1 . On trouve quelquefois ce ô. Tournure grecque. mot au majculin ^L., liist ). i. Mais bien plutôt.