‹ Poésies choisiesChapitre 164 sur 300 · Mais. 5. Apaise' (Paisgr., p · texte numérisé non relu

Mais. 5. Apaise' (Paisgr., p

Contre le fou, las ! qui mou cœur dévore Ny jus ny mots ne peuvent rien aussi.

Charmes cessez, et cesse mon soucv.

LES AMOUUELX»

Paissez, douces brebis, ces herbeux pasturagcs, Paissez et n'espargnez de ces chams les herbages : Autant que tout le Jour dicy vous lèverez, Le lendemain autant. vous y retrouverez... [ 12] Tandis, me reposant dessous cette aubespine, Sur ce tertre bossu, de ma cherc Francinc Les amours à par moy seul je recorderay -, Et sur mes chalumeaux je les accorderay.

0 ma belle Francine, et ne viendra point l'heure ()ue nous lacions tous deux aux chams nostre demeure, Sans qu'ainsin estant loin tousjours de mes amours. Et loin de tout plaisir, je me plaigne tousjours ? Sans toy rien ne me plaisl : maintenant toute chose Devant moy par les chams à rire se dispose. Et le soleil serein do cet aulonne beau Semble nous ramener encor uu renouveau.

Ces costaux verdoyans de vignes plantureuses Ne resonent de rien que de chansons joyeuses : Par les granges on oit du matin jusqu'au soir Geindre sur les raisins Tecroue ^ et le pressoir, Où le gay vendengeur de ses pies crasseux ^ foule, Trépignant sur la met, la vendange qui coule... [c]

0 si ces prez herbus, si ces forests ombreuses,

1. Comparez avec la tieuxièuie i Ce mol était alors d'un Ijoii églogue de Ronsard. style. Voy. à ce sHJet les reinar-

2. Je rappellerai à mou sou- quesde Sainte-Beuve, ainsi qu'une venir*. note de Suard, dans le Tableau

5. Ecrou ; était féminin alois <}e la poésie française, 2' éd. (.N.;L). p. 69 et 70.

LES JEUX. — EGLOGFES. 207

Si ces ruisseaux biliyans, si ces cavernes creuses

Te pouvoyent agréer, si tu pouvois un jour

En ces chams avec moy faire un heureux séjour !...[i2]

J'ay un bel antre creux entaillé dans la pierre. De qui la belle entrée est toute de lierre Couverte çà et là : trois sourgeons de belle eau Sourdans d'un roc percé font chacun son ruisseau, Qui d'un bruit enroué sur le gravois murmure, Et va nourrir plus bas d'un préau la verdure. De loriers tousjours verds y raiident un doux flair ' Fc^isaus un tel ombrage et remplissent tout l'air. Et j'ay là tout joignant un liien tofl'u bocage. Où les rossignolets degoisent leur ramage, Les gais rossignolets leur chanson au printemps, Les petits oisillons leur ramage en tout temps.

Dedans cet antre cy tu ferois fa demeure. Ma Francine, avec moy ; là tousjours à toute heure Je serois avec toy; et de nuit et de jour Ou nous en parlerions ou nous ferions l'amour. Le soleil, fiist qu'il vint donner lumière au monde Au matin, fust qu'au soir il la plongeas! dans l'onde De son hoste Océan, ensemble il nous verroit, Quand il s'iroit coucher, quand il se leveroit: Il nous verroit ensemble au matin mener paistre Dans les pastis herbeux nostre bestail champestr'e. Le mener au matin quand il se leveroit, Le ramener au soir quand il se coucheroit...[4]

Quelquefois cependant que- nos bestes paissantes Brouteroyent par les chams les her])es verdissantes, A l'ombre retirez (l'ombre nous chercherions Tout l'esté, tout l'y ver au soleil nous serions) Nous redirions tous deux en gave chansonnette Nos heureuses amours sur ma douce musette : De m.a musette, moy, j'atremperoy ^ le son, Tov, tu accorderois ta voix à ma chanson.

1. Dne doucfi odour (L. : Fiai- 2. Pendant que*, rer, rem.). 5. .le mesurerais, modulerais

Parfois tu clianterois, parfois comme envieuse Sur ma douce uuisclte, en façon gracieuse Entrerompant son chant de ma bouche l'otrois ', Et sur ma bouche au lieu ta bouche tu mettrois. Vostre grâce, ô bons dieux, me soit tant favoraltle Que je puisse jouir d'un heur si désirable ! 0 que cecy nous peust une fois avenir ! Lors je ne voudroy pas l'oy des rois devenir Pour perdre ma fortune : Encores que la gresle Me gatast blés et vins, encoi»que pelle-mesle Tout mon bestail mourust, plus riche je seroy (de me seroit ad vis) que le plus riche roy...[4S]

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