I.ES JEUX. — ÉGLOGUES
« Poiirquoy, vo leur dit-il, me venez-vous Haut? Enfans, desliez-moy. Pastoureaux, vous suffise D'avoir conduit à fin voslre fine surprise ; Deffaites ces liens ; enfans, pour ma rançon La chanson vous aurez, c'est pour vous la chanson. Car jav pour ceste-cy sa recompense preste. Ils desfont les liens : à chanter il sappreste : Alors vous eussiez vcu tout autour de ces lieux D'un hranle saufeler nymphes et deniy-dieux, Drvades et satvrs dancer par les hocages, Los naiadcs des eaux pousser leurs hcaux visages Hors des ondes, en rond se mener par la main Et jusques au nomhril découvrir tout le sein.
Il chantdit de ce tout les semences encloses Dans le chaos hrouillé, source de toutes choses. Le feu, l'air et la mer, et la terre, .et comment Tout ce qui vit se fait de chacun élément... [i 6]
Il ajouste Venus d'Adonis amoureuse, Comme son fils Amour la rendit langoureuse. Quand, la venant baiser, sa gorge il efleura D'un trait, dont le venin dans elle demeura ' . • Le coup n'aparoist point ; plus grande est la blessin* Que la montre n'en est ; petite est la pointure. Mais le venin, coulant au profond de son cœur. Peu après découvrit une grande langueur. Adon a tout son cœur : de Paphe et d'Amathunte Et de Cnide et d'Eryce elle ne fait plus comte. Elle quitte le ciel, le ciel plus ne luy plaist. Plus que le ciel Adon, son cher Adon, luy esl. Adon vange en Venus de sa mère Toutrage, Venus à son Adon donne tout son courage. Et le lient et le suit et ne fait rien, sinon Que pour sembler plus belle au gré de son mignon. Aiant le jarret nu, la robe recoursée - Sur les hanches, ainsi que Diane troussée. Elle accompagne Adon : à travers les halliers,