Imité d'Ovide, J/é^., X, .".25. 2. Relronssée (Roqucf
A travers les cailloux elle suit les limiers... [4] Monts et bois elle brosse ' : ah ! que la ronce dure ]\c teigne de son sang la douillette charnure ! Âh! que les durs cailloux, s'elle haste ses pas, Les plantes ne nieurdrisse à ses pieds delicas'^ ! Assise quelquefois sous quelque frais ombrage. Craintive prévoyant son ja prochain domage, Elle advertit Adon, si pour l'en advertir Son malheur trop voisin elle eust pu divertir... [s]
Adon ne laisse pas de croire son courage, Et de l'épieu tousjoiu's la beste plus sauvage Il attend, tant qu'un jour un sanglier lui cacha^ Ses deffen.ses dans l'egne* et navré ^ le coucha, Navré, las! à la mort. Voicy Venus atteinte D'imo grieve douleur, qui fait sa triste plainte : Les bois et les rochers de son dueil langoureux Respondent tristement à ses cris douloureux :
(' Demeure, Adon, demeure, à fin que je t'acole'' Cette dernière fois, et que je me console De ce dernier baiser : repren mon cœur, Adon ; Que je reçoive au moins de toy ce dernier don. Baise moy cependant (pie ton baiser a vie, Ains que ' l'ame te soit entièrement ravie. De ta bouche en ma bouche avecque ton doux veni Dans mon cœur je seray ton ame recevant. Ton ame dans mon cœur pour confort de ma peine Coulera doucement avecque ton aleine.
Par ce baiser aimé l'amour je humeray Qu'à jamais dans mon cœur pour toy je garderay. Pour toy, car tu me fuis; là t'en fuis sous l'empire De ce roy sans pitié, roy de chagrin et d'ire; Tu meurs, tu fuis, je vy et, pource que je suis Exemte de mourir, te suivre je ne puis. »