‹ Poésies choisiesChapitre 190 sur 300 · AU SIEUR MARCEL · texte numérisé non relu

AU SIEUR MARCEL

Marcel, quittons la court et la tourbe confuse De ce peuple importim, qui empresse ^ les grans; Relâchons nos esprits de travaux différons, Toy chés toy, moy courant au giron de ma Muse.

Gardons que la splendeur en vain ne nous amuse Ce ne sont les vrays hiens que les plus aparans. Souvent tout luit dehors, que les seings devorans S'acharnent dans le cœur qui se consimie et s'use.

Doncques allons gouster du repos le plaisir. Plaisir bien convenant à la fleur de ton âge, Que la court fera croistre en croissant le désir.

Mov, je me son déjà liouillonner le courage De hastir pour jamais, gravant à mon loisir Lo beau nom de ma rovnc au front de mon ouvraffc.

Ainsi que le nocher l)atlu de la tourmente, Quand la mer a lâché sa fureur véhémente, Voit de jove ravi le port tant souheté, Lorsqu'il nage embrassant quelque bois seçourable Emprunté de sa nef, que Neptune effroyable En pièces contre un roc sous le vent a jett('' :

i. Penage, ponnage, plumage. (Burg., I, "240; Amp. Form., p.

2 (.'n voit très-fréquemment 417, et la note de M. P. Meyer).

au xvi« siècle l'Ii de habere re- 3. Qui s'empresse autour des

paraître à la 2° et à la 5° pers. du grands (L., liisi , ex. de Mons-

prés. de l'indie. du verbe avoir trelet).

LES l'ASSE-TEMl'S. — 1. 259

Peu, trempez do J;i vai;iic, en iiageaul se rclirenl. Qui, jetlans pies et mains droit à la terre tirent, Et sauvez du péril vieinient gaigner le bord. Moy qu'une grand" tenijiesle est venue surprendre. Tout ainsi je m'en \ien entre vos bras me rendre, Plein d'aise en vous voyant mon salutaire port.

Moy désirant payer le vœu de mon naufrage, Je me consacre à vous d'un très humble courage, Offrant tout ce qu'ay peu de mon péril sauver. 0 duc, noble fleuron de généreuse race, Et clément et vaillant, faites moy tant de grâce Que daigniez d'œil serein me vouloir approii\er.

DE SU.\ AMULU '

Je n'aynie ny la jiucelle (Elle est trop verte) ny celle Qui est par trop vieille aussi.

Celle qui est mon soucy C'est la femme desja meure -.

La meure est tousjours meilleuie Le raisin que je choisy Ke soit ni verd ni moisy.

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